01 juin 2009

A la baguette (2)

Temps libre pour notre seconde journée sur le sol japonais. Mais comment prétendre découvrir Tokyo en 24 heures ? Et par où commencer ? Akihabara ? Ginza ? Shibuya ? Shinagawa ? Une priorité est inscrite à notre planning, histoire d'en être débarrassée : une virée au Pokémon Center. Une chance, il est à deux stations de notre hôtel. Ce qui ne nous empêche pas de demander deux fois notre chemin une fois sortis du métro. Heureusement, Moutarde avait eu la bonne idée d'imprimer le plan en japonais qu'elle a trouvé sur internet. Une demie-heure plus tard, nous voilà lestés en Posipi, Pyroli, Capumain et autres évolutions de Togépi. Que les enfants n'aillent pas dire plus tard que nous n'avons pas fait de sacrifices pour eux : je garde le ticket de caisse au cas où.

japon_10
Le cliché consiste à dire qu'à Tokyo, tradition et modernité cohabitent en harmonie. Dans les ruelles du quartier spécialisé dans l'informatique, les bateleurs s'affrontent. Ils sont jeunes, pleins d'espoirs et répètent en boucle une formule magique : celle qui fera peut-être venir les clients dans leur magasin. Les plus chanceux ont un micro à la main, les plus démunis une simple pancarte qu'ils trimballent à bout de bras. Leur spectacle est aussi impressionnant qu'éprouvant. J'ai parfois l'impression de traverser le marché à Belleville, où le prix du kilo de patate est récité comme un sutra. Evidemment, je ne comprends pas un traitre mot à ce qu'ils psalmodient. Mais je compatis.

Japon_11
Ce ne sont pas forcément les magasins qui ont pignon sur rue qui sont le plus impressionnants. Il faut monter dans les étages pour découvrir les échoppes les plus délirantes. Comme celles spécialisées dans les jeux vidéos vintage qui vendent des cartouches millésimées et des rééditions de consoles caduques. Ou encore celles dédiées aux produits dérivés de l'animation, où chaque personnage ayant fait de la figuration dans un épisode de Ultraman a sa figurine en PCV. Le choix, la méticulosité du rangement, les prix, tout est absolument délirant. Mais je me réserve pour le Tezuka World Entertainment Square que j'ai découvert sur le site de l'Office National du Tourisme Japonais. C'est même une expédition puisqu'il se situe dans le centre commercial en dessous du Tokyo Opera City. Ou plutôt se situait, puisque que j'apprends une fois sur place qu'il a fermé il y a 3 ans. Je la joue philosophe, mais je suis affreusement déçu. Rentrer du Japon sans un t-shirt de Blackjack, c'est un coup à se faire hara-kiri de retour à Roissy.

japon_13
Alors j'erre de Patchinko en Patchinko. Je n'y dépense pas un seul yen, mais j'en prends plein les yeux. J'en avais évidemment entendu parler en lisant Ushujima, usurier de la peur, puisqu'une partie de sa clientèle en est issue. Mais la réalité est encore pire que le manga. L'atmosphère est suffocante, le niveau sonore étourdissant, les règles incompréhensibles. Mais le plus fou, c'est la fascination que ce billard vertical exerce. Les enseignes sont omniprésentes, les surfaces immenses. On peut pratiquement y vivre puisqu'il est permis de manger sur place, de fumer... et accessoirement de se ruiner à moindre coût. Comme une grande surface dédiée au suicide social. Je crois que je n'avais pas eu aussi peur depuis Orange Mécanique. Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas du cinéma. (A suivre...)

Posté par philippe dumez à 10:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur A la baguette (2)

Nouveau commentaire