31 mai 2009

A la baguette (1)

Comme je n'avais rien trouvé qui m'intéressait parmi la sélection de nouveautés (Razorlight, Oasis, Franz Ferdinand, Killers, Travis, U2, Keane...), je m'apprêtais à regarder un film. Et c'est à ce moment critique que j'ai découvert le menu essential albums du player encastré dans le fauteuil d'en face : "Doolittle", "Closer", "At Folsom Prison", "Breakfast in America", "Songs of Faith & Devotion", "Naturally"... assortis d'une série de best-of sans faille : 10 CC, Pet Shop Boys, New Order, The Bee Gees. C'est la première fois que je voyage avec British Airways, mais je suis déjà aux anges avant d'avoir décollé. Je passe au moins 2 heures à zapper d'un album à l'autre, savourant le plaisir totalement inédit de réécouter The Perfect Kiss à 36.500 pieds d'altitude, alors que la température extérieure est de - 63° et que nous volons à 990 km/h au-dessus de la Sibérie. A  cette  hauteur-là, personne ne m'entend taper du pied sur Logical Song et Goodbye Stranger.

BA
A l'arrivée du vol BA 04, une journée sans fin commence. Car, décalage horaire oblige, les compteurs ont été remis à zéro pendant que je essayais de suivre L'étrange histoire de Benjamin Button sans sous-titres. Tokyo s'éveille alors que mon horloge biologique réclame sa part de sommeil. J'ai l'impression d'être Al Pacino dans Insomnia, l'excellent thriller de Christopher Nolan, sauf que je ne suis pas sur les traces d'un serial killer en Alaska mais en train d'assister à la relève de la garde devant le Palais de l'Empereur. Histoire de nous ménager, notre guide nous emmène déjeuner dans un restaurant européen situé au sous-sol d'un hôtel international. Mais cette solution ne fait qu'accentuer notre désarroi. En plus, ça n'est pas tellement meilleur que ce qu'on nous a servi dans l'avion. Et en plus, c'est froid.

En haut des 243 mètres de la tour du City Hall, devant les 23 quartiers de la ville qui représentent une superficie de 2.168 kilomètres carrés, il faut pourtant bien se rendre à l'évidence : après une escale à Londres, nous sommes bien arrivés au pays de Osamu Tezuka, Takeshi Kitano et Susumu Yokota. Un pays où je rêve d'aller depuis plus de 10 ans, mais où mon seul souhait, depuis que j'ai atterri, serait plutôt d'aller me coucher. Je sens qu'au niveau paradoxes, pendant 8 jours, nous allons être servis. (A suivre...)

Posté par philippe dumez à 17:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur A la baguette (1)

Nouveau commentaire