30 décembre 2007
En Bern
Joy Division : A band in the decade fait certainement partie, avec le hors-série des Inrocks spécial Velvet (le fameux 24 bis : guide maniaque du Velvet Underground et de la Factory d'Andy Warhol) des ouvrages que j'ai le plus relus étant adolescent (Adolescent ? En 1990 ? Vous m'accorderez cette coquetterie...) parce qu'ils ouvraient les portes d'un monde qui me faisait rêver : celui des disques pirates. Ceux qui les avaient écoutés détaillaient ceux qu'il fallait posséder absolument, ceux qu'il fallait éviter à tout prix... Dans son ouvrage (en fait, un polycopié mis en page sur un Amiga 2000), Jean-François Clément signale aussi quelques originalités : comme ce pirate qui reprend non seulement le concert de Joy Division aux Bains Douches, mais aussi les commentaires en direct de Bernard Lenoir. La voix de Feedback et celle du pendu unies dans le cire pour l'éternité : une belle anecdote.
Stéphane Bern vient aussi d'y entrer grâce à Okkervil River, qui a inclus sur sa mixtape de Noël la reprise de Gainsbourg interprêtée au Fou du Roi, annoncée et désannoncée par le bouffon en personne. Le groupe de Will Sheff offre aux légions de téléchargeurs du monde entier la possibilité de découvrir son timbre unique, son allant incomparable... et sa prononciation de l'anglais très personnelle. Gainsbourg, Okkervil River et Stéphane Bern unis à jamais par la magie du digital. Qui aurait cru que le sacre de l'animateur viendrait d'outre-Atlantique ?
PS : Okkervil River au Fou du roi, respect quand même. Et Sunn o))), c'est pour bientôt ?
27 décembre 2007
Le retour de la revanche du fils des étoiles
Vous ai-je déjà dit que je suis un garçon horriblement prévisible ? Et bien voila : je suis un garçon horriblement prévisible. Tous les ans, je demande le nouveau Thorgal pour Noël et je suis exaucé. Pourquoi Thorgal ? Je n'ai pourtant jamais été porté sur l'héroic fantasy et encore moins sur les jeux de rôles. Mais j'avais échangé les bons d'achats obtenus en échange de mes livres de terminale contre une grosse pile de Thorgal d'occasion fraîchement mis en rayon. Mon destin aurait-il été différent si mon choix s'était porté sur XIII ou Largo Winch ? Certainement, même s'il m'était de toute façon impossible d'échapper à la marque de Van Hamme. C'est justement lui qui a choisi l'an dernier de retirer ses billes de la saga du fils des étoiles tout en laissant la porte ouverte à son successeur. Malheureusement, c'était moins chez le scénariste que chez le dessinateur que la fatigue se faisait sentir. Après être parvenu à son apogée lors du cycle de Qâ, le style de Rosinski s'est figé pour ne plus devenir que la caricature de lui-même. Je suis même persuadé qu'il a relégué l'encrage de ses derniers albums à des sous-fifres recalés au Lombard. Et ce n'est certainement pas sa reconversion tout aussi soudaine que peu probante à la couleur directe qui devait me consoler. Pourquoi alors suis-je resté aussi attaché à cette saga dans la mesure où elle ne me procure plus que des étincelles par rapport à la magie d'antan ? Certainement pour les mêmes raisons qui me font regarder les séries jusqu'au bout, même quand c'est moins bien : parce que je n'ai pas envie qu'elles se terminent. Dans ce domaine, les mangas ont depuis bien calmé mon appétit.
PS : Sinon le dernier n'est plutôt pas mal si vous n'en attendez rien.
26 décembre 2007
Fort de café
Il y a deux ans, entre Noël et le jour de l'an, je traînais sur internet et découvrais les top 2005 de bloggeurs émérites : qu'ils soient français ou américains, ils ne s'étaient pas contentés de reprendre le champ balisé des nouveautés déjà couvertes par la presse écrite mais au contraire l'élargissaient, se souciant peu de savoir si un disque bénéficiait d'une distribution française. Je téléchargeais les échantillons proposés, me constituait des playlists "bis" dont Le Sport et 31 Knots trustaient les premières places et n'allait pas tarder à me laisser séduire par le côté obscur de la force. J'ai déjà raconté cette histoire, j'en ai même fait un fanzine, aussi je ne vais pas recommencer. Mais j'ai toujours un pincement au coeur au moment de découvrir sur internet les tops de l'année, autant pour vérifier que je ne suis pas complètement largué que pour combler d'éventuelles lacunes.
Celui de Buchachupps me donne l'impression qu'en 2007, je suis passé à côté de tout : The Necks, Frode Haltli, Sam Baker, Meg Baird, Oren Ombarchi... et j'aime bien ça. Buchachupps est une des têtes chercheuses de Motel de Moka, un blog dont la ligne rédactionnelle rappelle celle du magazine anglais The Wire. Je ne dis pas que tout me plaît dans sa sélection (je me suis endormi avant la fin de " Townsville" par exemple, alors que c'est son disque de l'année), mais elle m'a donné envie de m'intéresser à ce dont il parle simplement mais avec beaucoup de conviction. Buchachupps est un hollandais de 25 ans. Il poste sur un blog où l'on retrouve aussi des étudiants domicilés en Chine, en Afrique du Sud, au Mexique comme en Pologne. C'est une expérience collaborative assez unique en son genre, une sorte d'auberge espagnole virtuelle et je la prends complètement en route. Mais j'ai envie d'y retourner, pour ce qu'elle contient d'inédit et d'idyllique. Je sens que ce n'est toujours pas en 2008 que je vais me coucher tôt.
25 décembre 2007
Quel prix pour Joni ?
Finalement, Blue méritait un peu plus qu'un post-scriptum en fin de billet. Parce qu'acheter ce disque a fait naître en moi une réflection pas très éloignée de celle provoquée par In Rainbows : quel prix suis-je prêt à mettre pour un album de back-catalogue aujourd'hui ? 9,90 sur iTunes ? 7,37 sur amazon.fr (occasion à partir de 5,45) ? 6.99 sur fnac.com ? 9,99 sur virginmega.fr ? 0 euro grâce à Rapidshare ? Finalement, profitant d'un raid sur les mangas d'occasion chez Joseph Gibert, je pousse de quelques portes et j'achète Blue en CD newly digitally remastered from the original tapes pour... 9,63. Pourquoi le physique est-il encore moins cher que le numérique, surtout quand on pense à la valeur ajoutée d'un support par rapport à l'autre ? Je ne comprends pas trop. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que, encore une fois, l'offre légale est incohérente et absolument pas incitative.
PS : je critique, mais j'étais très content de trouver hier la BO de Dexter sur iTunes.
24 décembre 2007
Un cactus sous la neige
L'agitation autour de Tucson semble retombée depuis que les maisons de disques n'envoient plus les journalistes déguster des tequilas frappées dans le barrio. L'hôtel Congress se serait-il effondré comme un château de cartes ? Jim Waters aurait-il mis la clé sous la porte ? Évidemment, non. Une compilation à but non lucratif vient nous rassurer. Saison oblige, elle s'appelle Christmas in Tucson et se présente sous la forme d'un élégant digipack aux couleurs délicieusement pop-art. Au milieu d'un tracklisting fourni (22 titres) et majoritairement composé d'inconnus au bataillon, deux exilés : Naim Amor et sa muse Marianne Dissard, soit les meilleurs ambassadeurs de la ville. Aussi surprenant que cela puisse paraître, pas de Howe Gelb (mais n'a t-il pas déménagé en Suède ?), pas de John Convertino, et à peine la contrebasse de Joey Burns sur un morceau. Par contre, plein d'ambiances différentes : de la guitare manouche, du rock à moustaches, une Norah Jones grandie au milieu des cactus, du banjo frelaté, du folk latino (José Saavedra, magnifique), du Jona Lewie sous un sombrero ("Stop The Cavalry" dégraissé de son arrangement militaire, ouf !), du Tom Waits à la sauce chili, du dub en santiags et même un conte de Noël musical en 8 parties dans lequel a trempé Bob Log III... A Tucson, tout va bien, merci. Il y a aura toujours une chambre de libre à l'hôtel Congress, des chevrolets Impala qui s'arrêtent au feu, des vinyles de Henri Mancini à 99c dans les thrift shops, des salons de coiffure vintage comme chez les frères Cohen et des compilations pour vous rappeler que l'état d'esprit de la ville, en dehors des feux de l'actualité, n'est pas prêt de s'éteindre. Au fait, est-ce qu'il neige parfois pour Noël ?
19 décembre 2007
La révolution ne passera pas à la radio
A chaque album de Radiohead, je me pose cette question qui avait fait la une des Inrockuptibles à l'occasion de la sortie de Ok Computer (si j'ai bonne mémoire) : comment ai-je pu passer à côté d'un groupe aussi important ? Mais le pire, c'est certainement que je persiste. Les avoir vu deux fois sur scène n'y a rien changé. Ce qui ne m'a pas empêché d'acheter In Rainbows, moins par impatience que par curiosité. Pour une fois, j'ai été admiratif de leur démarche aussi précipitée que politique : se passer à la fois d'une maison de disques comme des médias pour s'adresser directement aux fans. Le futur de la musique allait-il se retrouver changé ?
Quelques mois plus tard, toute cette agitation me fait l'effet d'un coup d'épée dans l'eau. Non seulement le disque finit par sortir en magasin sous boîtier cristal, mais le groupe se prête sans scrupules au jeu promotionnel habituel. Va t-il tirer les conclusions que tout le monde attend (leur système de VPC est-il viable ?) ou au contraire noyer le poisson ? C'est malheureusement la seconde hypothèse qui se confirme à la lecture du numéro des Inrockuptibles de cette semaine.
"- Finalement, est-ce si important de sortir In Rainbows en CD ? - Thom : Extrêmement important. C'était même une des conditions indispensables pour pouvoir agir comme nous l'avons fait... Nous n'aimions pas l'idée de travailler si dur sur un album et que les gens qui aiment la musique ne puissent pas en posséder un exemplaire... En enregistrant le disque, je me souviens que Nigel Godrich s'énervait tout le temps et disait sans cesse : Je déteste ce putain d'internet ".
Pourquoi, à ce moment-là, Radiohead n'a t-il pas annoncé la couleur dès le début, ne laissant, à la sortie de l'album, que la possibilité de l'acheter en digital ou de précommander l'onéreux coffret collector ? Pourquoi, après avoir tenté un pas en avant, revenir deux pas en arrière ? Et si le battage autour de In Rainbows n'avait été qu'une gigantesque opération marketing, imaginée par des esprits exempts de toute suspicion (surtout depuis leur rupture de ban avec EMI) ? Le groupe ne serait pas le premier à organiser une fuite officielle de son album sur le net - sauf que cette fois-ci, c'est à visage découvert. J'ai comme un goût amer au fond de la bouche. Et si le seul exploit qu'avait réussi Radiohead, c'était que la sortie de chutes de studio des albums précédents ne fasse figure d'événement ?
PS : pour finir sur autre chose, j'ai racheté Blue de Joni Mitchell après que An Aquarium Drunkard m'ait fait culpabiliser, et je me demande pour de bon : comment ai-je pu passer à côté d'un disque aussi important ?
16 décembre 2007
Le rock à Billy
« Etiquetté poseur une fois pour toute, Billy n’a jamais - mais alors jamais - bénéficié de la moindre crédibilité. De tout temps, dans son pays d’origine, il a été et restera un sujet de raillerie » : Pierre Mikaïloff, dans son Dictionnaire raisonné du punk, n’est pas tendre vis-à-vis de Billy Idol. Et ce n‘est certainement pas son album de Noël publié l'an dernier qui le crédibilisera. Ce qui ne m’empêche pas de conserver une immense tendresse pour le personnage, au point de l’avoir emmené dans ma bulle digitale (j’ai encodé ses disques) : même si la nostalgie y est certainement pour beaucoup, "Flesh For Fantasy" , "White Wedding" et "Eyes Without a Face" me font toujours de l’effet. J’ai l’impression d’avoir treize ans et de regarder la télé le samedi soir, assis sur le lit de mes parents qui s’endorment. Phlippe Manœuvre présente un Enfants du Rock spécial, annoncé par une pleine page dans Métal Hurlant. Billy fait son grand numéro de la lèvre supérieure qui remonte, et je succombe : je suis à deux doigts de l’achat d’une paire de mitaines en cuir. Finalement, je me suis contenté de deux badges que j’épingle sur le col de ma veste en jean. Mais je suis marqué à vie. J’ai même craqué à nouveau récemment en faisant l’acquisition de son VH-1 Storytellers : une sorte de MTV Unplugged où le blondinet fraîchement re-peroxydé passe en revue ses plus grands succès devant le public de Studio Gabriel.
Mais le plus surprenant, c’est certainement que l’atmosphère intime de la prestation invite l’artiste à la confidence. Il raconte un peu tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi), fait des mimiques terribles, raccroche les wagons comme il peut. Morceaux choisis : « Le punk-rock, ça n’a jamais été un truc très sexy. Et ça, je me suis dit : voilà un truc que Billy Idol pourrait faire. Rendre le truc plus sexy. Prince a été un des premiers. Putain, il était fantastique. Il portait de ces trucs… Moi, j’avais essayé une fois en Angleterre. J’avais mis des bas sur scène. A la fin du concert, le mec de la salle m‘a demandé de ne plus jamais remettre les pieds ici. J‘étais banni à vie !». Il explique ensuite comment « Flesh For Fantasy » a été inspiré par un film de Charles Boyer, Flesh and Fantasy. Et « Eyes Without a Face » d'après Les Yeux sans visage (prononcé en français dans le texte) de Georges Franju. Billy, cinéphile averti ? Gros mytho aussi : « A l’époque de Rebel Yell, je traînais pas mal avec Ronnie Wood - des Stones. Il avait donné une fête à l’occasion de l’anniversaire de Mick à laquelle j’avais été convié, et à moment, ils étaient tous les trois en face de moi : lui, Mick Jagger et Keith Richards. Ils buvaient un truc et j’essayais de voir ce que c’était. Ca s’appelait Rebel Yell. Je leur ai dit : « C’est pas vraiment un truc pour les Stones, ça, Rebel Yell. Jumpin’Jack Flash, Street Fighting Man, oui, mais pas Rebel Yell". Mick m’a dit que je devais voir raison. Je lui ai répondu : "Tant mieux, parce que je vais appeler mon prochain album comme ça."
Je ne suis pas sûr d'avoir regardé le concert en entier. Par contre, j'ai écouté toutes les transitions parlées : car même au plus profond du ridicule ("LA Woman" en rappel, au secours), le rebelle à la coupe en brosse parvient encore à m'émouvoir. Maladroit, largué, mégalo : je retrouve le Billy que j'aime. Celui qui, pour reprendre les propos de Pierre, n'a jamais bénéficié de la moindre crédibilité, mais restera l'idôle d'un adolescent de 36 ans. Et bientôt 37.
15 décembre 2007
Montreal, Paris
Je pense que si on m'avait demandé ce qui me ferait plaisir pour Noël, je pense que j'aurai répondu un peu n'importe quoi, genre : "j'aimerai que Of Montreal vienne jouer en bas de chez moi et qu'ils commencent le concert par "The Past Is A Grotesque Animal", le morceau-fleuve de leur dernier album (et qui restera comme l'un de ceux que je retiendrai de 2007). C'est tout ? Oh, pendant qu'on y est, j'aimerai aussi que Kevin Barnes remette son porte-jarretelles fuchsia, celui qu'il avait au Bataclan. Et puis quoi encore ? Non, ça va, je crois que c'est tout cette fois-ci". Pourtant, moins de 10 jours avant la date fatidique, j'ai été exaucé. Montreal, c'était à Paris, hier soir, à la Maroquinerie. Merci à Kevin d'avoir tout organisé, au trait d'eye liner vert près.
14 décembre 2007
Copenhague, Texas
J'ai beau ne plus télécharger illégalement aujourd'hui (je vous prie de fermer les yeux sur quelques live), je continue à fréquenter les blogs albums, non pas pour tester mon degré de résistance à la tentation, mais pour me tenir informé des sorties. Car je n'ai pas à ce jour trouvé de sites aussi complets que ceux tenus par le côté noir de la force. Bolachas Gratis est à plus d'un titre exceptionnel : d'abord par la fréquence de son actualisation (quotidienne), ensuite par sa spécialisation (amis du folk neurasthénique, du math-rock et de la twee-pop, tu es chez toi), enfin par son exhaustivité. C'est grâce à lui que j'ai entendu parler pour la première fois de Peter & The Wolf, Chris Garneau ou Ben & Bruno. S'il offre évidemment des liens vers rapidshare ou megaupload, Bolachas Gratis met toujours à disposition des internautes qui voudraient découvrir tout en restant dans la légalité un lien myspace, un lien youtube, une bio ou une critique (même s'il s'agit d'un bête copier-coller d'après All Music Guide). C'est fou tout ce qu'on trouve sur ce blog : les nouveautés les plus pointues, parues sur des labels minuscules, quand ce ne sont pas des autoproduits. Je ne sais pas s'il nuit aux artistes ou si au contraire il leur offre une promotion inattendue : mais je sais que, sans lui, je n'aurai jamais été au courant de la sortie d'un nouvel album de Rhonda Harris.
Le premier album de Rhonda Harris est certainement un des disques que j'ai le plus écouté depuis sa sortie en 1995. J'en possède même deux exemplaires, au cas où l'un viendrait à me lâcher. Il faut dire aussi qu'on n'a pas la chance de le croiser tous les jours non plus (ce qui n'est plus tout à fait vrai depuis qu'il a été réédité). Cet enregistrement repose sur un petit miracle : entre "Pale Blue Eyes" et "Jesus", sur le troisième Velvet, un Dannois a trouvé une porte dérobée. Un monde de douceur dont le premier manifeste, qui ne comporte que 10 plages, est un chef d'oeuvre (il comporte par exemple la meilleure reprise de Daniel Johnston jamais enregistrée). Le miracle ne se reproduit malheureusement pas quand le groupe remet ça en 2001, et disparaît aussi discrètement qu'il était apparu.
Vraiment ? Non, pas vraiment. Rhonda Harris s'attelait à un projet aussi ambitieux qu'insolite : un album en hommage à Townes Van Zandt. Dont je n'aurai jamais entendu parler si Bolachas Gratis n'était pas passé par là, alors qu'il était déjà disponible sur eMusic. Immédiatement, je l'achète et je le découvre, émerveillé. Il s'appelle Tell The World We Tried, comme un aveu. Pourtant, s'il manquait des raisons de s'intéresser au répertoire du songwriter texan, la filière danoise en fournirait de belles. Même les chansons les plus connues du troubadour ("Kathleen", "No Place to Fall", "Waiting Round to Die"...) sont totalement revisitées, avec cette délicatesse incomparable. Un de mes groupes préférés reprend un de mes artistes favoris : c'est presque trop beau pour être vrai. Et pourtant c'est vrai. Il y a même "St John The Gambler" (sur Mother The Mountain, la perle de sa discographie), dans une version magnifique. C'est Noël avant l'heure. D'ailleurs c'est bientôt Noël. Sauf que cette année, je sais que Santa Claus est danois. Et qu'il est allé faire ses courses avec des bottes de cow-boy.
07 décembre 2007
All that Jason
Évidemment, en ce moment, vous courez les magasins sur l'heure du déjeuner. Vous avez bien feuilleté les suppléments cadeaux de vos magazines préférés, mais vous n'avez trouvé que des idées chères, et pas souvent surprenantes (mis à part le coffret 3CD des Peel Sessions de Cinerama, vu dans Télérama, et dont j'avais oublié jusqu'à l'existence). Résultat : vous êtes un peu pris au dépourvu. Il y a bien des trucs dont j'ai parlé sur mon blog, mais vous ne vous souvenez plus exactement de quoi. Et puis mes mangas préférés ont l'air vraiment trop chelous. Heureusement, j'ai pensé à vous. Tous mes prochains posts seront consacrés à des idées de cadeaux potentielles (en plus, ça tombe bien parce que je suis un peu en manque de sujet de prédilection actuellement).
A commencer par un album du méconnu Jason (pas de chance : aucun rapport avec Jason Loewenstein), que j'ai commencé par surestimer pour finalement le sous-estimer. Jason est un auteur de bandes dessinées norvégien très marqué par l'univers graphique de Lewis Trondheim. Il s'est rapidement démarqué de son modèle grâce à des fictions assez alambiquées, à l'image du très impressionnant Attends (je ne suis pas le seul à le penser). Je l'ai vraiment reçu comme une vraie claque. Son univers animalier cachait une gravité inattendue. J'ai acheté le suivant les yeux fermés (Le char de fer) et malheureusement, j'ai été déçu. Alors j'ai levé le pied. J'en ai laissé passer quelques-uns, sans me rendre compte qu'il était passé entre temps du noir & blanc à la couleur (avec réussite) et qu'il avait renoué avec une veine narrative machiavelique.
Je suis retombé dans Jason grâce à Hemingway, récit improbable d'un casse perpetré par... Ezra Pound, l'auteur du Vieil Homme et la mer et Scott Fitzgerald dans le Paris des années 20. Il m'a vraiment fallu le relire pour çommencer à y comprendre quelque chose tellement il avait réussi à m'embrouiller. Et j'ai retrouvé la même folie dans Je vais te montrer quelque chose, sous haute influence Hitchcockienne. Si j'ai décidé de mettre l'accent sur lui aujourd'hui, c'est que je suis en train de lire Le Dernier mousquetaire, que j'ai acheté à midi : où comment Athos, après avoir exhorté Aramis à reprendre du service, finit par voler au secours des "gens de France" en endiguant... une invasion extra-terrestre ! C'est à la fois cohérent et totalement n'importe quoi, maîtrisé jusqu'au bout de la folie (les cinq premières planches à lire par ici). Jason est certainement un des scénaristes qui m'épate le plus aujourd'hui par son inventivité et son sens de l'absurde. Dommage que son transfert chez un éditeur plus traditionnel (Carabas) que celui qui l'a révélé (Atrabile) ne l'ait pas aidé à élargir son audience. Pourtant les livres de Jason font d'excellents cadeaux. Je me les offre bien, qu'attendez-vous ?