14 décembre 2007

Copenhague, Texas

FolderJ'ai beau ne plus télécharger illégalement aujourd'hui (je vous prie de fermer les yeux sur quelques live), je continue à fréquenter les blogs albums, non pas pour tester mon degré de résistance à la tentation, mais pour me tenir informé des sorties. Car je n'ai pas à ce jour trouvé de sites aussi complets que ceux tenus par le côté noir de la force. Bolachas Gratis est à plus d'un titre exceptionnel : d'abord par la fréquence de son actualisation (quotidienne), ensuite par sa spécialisation (amis du folk neurasthénique, du math-rock et de la twee-pop, tu es chez toi), enfin par son exhaustivité. C'est grâce à lui que j'ai entendu parler pour la première fois de Peter & The Wolf, Chris Garneau ou Ben & Bruno. S'il offre évidemment des liens vers rapidshare ou megaupload, Bolachas Gratis met toujours à disposition des internautes qui voudraient découvrir tout en restant dans la légalité un lien myspace, un lien youtube, une bio ou une critique (même s'il s'agit d'un bête copier-coller d'après All Music Guide). C'est fou tout ce qu'on trouve sur ce blog : les nouveautés les plus pointues, parues sur des labels minuscules, quand ce ne sont pas des autoproduits. Je ne sais pas s'il nuit aux artistes ou si au contraire il leur offre une promotion inattendue  : mais je sais que, sans lui, je n'aurai jamais été au courant de la sortie d'un nouvel album de Rhonda Harris.

Le premier album de Rhonda Harris est certainement un des disques que j'ai le plus écouté depuis sa sortie en 1995. J'en possède même deux exemplaires, au cas où l'un viendrait à me lâcher. Il faut dire aussi qu'on n'a pas la chance de le croiser tous les jours non plus (ce qui n'est plus tout à fait vrai depuis qu'il a été réédité). Cet enregistrement repose sur un petit miracle : entre "Pale Blue Eyes" et "Jesus", sur le troisième Velvet, un Dannois a trouvé une porte dérobée. Un monde de douceur dont le premier manifeste, qui ne comporte que 10 plages, est un chef d'oeuvre (il comporte par exemple la meilleure reprise de Daniel Johnston jamais enregistrée). Le miracle ne se reproduit malheureusement pas quand le groupe remet ça en 2001, et disparaît aussi discrètement qu'il était apparu.

Vraiment ? Non, pas vraiment. Rhonda Harris s'attelait à un projet aussi ambitieux qu'insolite : un album en hommage à Townes Van Zandt. Dont je n'aurai jamais entendu parler si Bolachas Gratis n'était pas passé par là, alors qu'il était déjà disponible sur eMusic. Immédiatement, je l'achète et je le découvre, émerveillé. Il s'appelle Tell The World We Tried, comme un aveu. Pourtant, s'il manquait des raisons de s'intéresser au répertoire du songwriter texan, la filière danoise en fournirait de belles. Même les chansons les plus connues du troubadour ("Kathleen", "No Place to Fall", "Waiting Round to Die"...) sont totalement revisitées, avec cette délicatesse incomparable. Un de mes groupes préférés reprend un de mes artistes favoris : c'est presque trop beau pour être vrai. Et pourtant c'est vrai. Il y a même "St John The Gambler" (sur Mother The Mountain, la perle de sa discographie), dans une version magnifique. C'est Noël avant l'heure. D'ailleurs c'est bientôt Noël. Sauf que cette année, je sais que Santa Claus est danois. Et qu'il est allé faire ses courses avec des bottes de cow-boy.

Posté par philippe dumez à 00:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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