13 septembre 2009

Le monde ne suffit pas

J'ai longtemps été réticent à l'idée d'ouvrir un volume de "The World is Mine", d'abord en raison du dessin hystérique de Hideki Arai, ensuite à cause du titre qui me faisait irrésistiblement au tube de David Guetta. Il me suffisait de le lire sur la couverture pour entendre la voix du clone de Dave Gahan résonner dans ma tête. C'est un peu idiot comme raison, mais parfois il ne m'en faut pas plus. Comme il a juste fallu que Alban se sépare des trois premiers tomes pour que j'ai l'occasion de m'y plonger.

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De tous les mangas que j'ai eu l'occasion de lire, "The World Is Mine" est certainement le plus malsain : deux fous dangereux, après une série d'actes de terrorisme aveugles, défient les forces de police. Le plus fou (en apparence) balance l'autre pour le plaisir d'aller mettre à feu et à sang le commissariat dans lequel il est détenu. Hélicoptère, lance-roquettes, prise d'otages, il ne recule devant rien. La scène d'évasion est digne d'une des meilleurs saisons de 24. Mais la cavale qui suit est aussi incroyable, puisqu'elle donne un véritable second souffle à la série. C'est quand les autorités et les médias entrent en jeu que "The World Is Mine" devient une critique sociale sans pitié, à l'image de celle décrite par Frank Miller dans "The Dark Knight Returns". Le volume le plus incroyable est certainement celui qui décrit étape par étape la traque dont fait l'objet la mère d'un des deux meurtriers. Coups de fils anonymes, dénonciations, traque par les papparazzis : la vie de cette femme bascule en une demi-journée.

Mais "The World is Mine" comprend aussi une grosse part d'ombre. Un autre fait divers fait concurrence à la cavale de Toshi et Mon-Chan : après avoir massacré une école, un ours décime tous ceux qui se trouvent sur son passage. Des chasseurs ? Réduits en bouillie. Des militaires ? Egorgés jusqu'au dernier. Mais, pour occasionner des pertes aussi importantes, s'agit-il seulement d'un ours ? Et faut-il prendre au sérieux cette rumeur, qui veut que son apparition coïncide avec la chute d'une météorite ? Et s'il venait à tomber sur nos deux tueurs en série, que se passerait-il ? Et c'est là que l'inimaginable se produit. Une scène complètement dingue, sans explication, et qui laisser une empreinte indélébile sur le cours du récit.

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Je suis loin d'être arrivé au bout de "The World Is Mine". Sur les 14 tomes que compte la série,  j'en ai à peine lu la moitié. Même si je suis impatient de continuer, je ne me presse pas. J'achète de nouveaux volumes quand je les trouve d'occasion. Lire "The World is Mine", comme précédemment "Monster" ou "20th Century Boy" rassemble à un jeu de pistes dont les pièces sont dispersées. Une partie du plaisir réside dans la recherche et l'attente. Je ne sais pas du tout comment cette cavale va se terminer. Mais je crois que, depuis "Orange Mécanique", je n'ai jamais vu une dinguerie pareille.

Posté par philippe dumez à 21:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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