19 juillet 2009

Appelez-moi Philippe Doomez

Je me demande parfois si je ne suis pas un hardcore gamer dont on a effacé la mémoire et qui a été réinséré dans la vie "réelle" après qu'on lui ait implanté des souvenirs qui ne sont pas les siens. Car, aussi efficace qu'ait été mon lavage de cerveau, je rechute parfois. Et toujours de la même façon. Pourtant, depuis la fin de "Half Life" (voir Plus jamais malade en grenouillère), je n'avais pas touché au moindre first-person shooter. J'avais consacré la mémoire de mon PC a des activités moins barbares, et je n'ai jamais été tenté par l'achat d'une console de jeux. Quand les zouzous ont reçu une Gamecube pour Noël, je n'ai pas replongé. Ce n'est pourtant pas la tentation d'acquérir un "Silent Hill" ou un "Resident Evil" en cachette qui m'a manqué, mais j'étais guéri. Et puis les consoles portables ont fait leur apparition à la maison. Une Gameboy, et puis une Gameboy Advance et encore une Gameboy SP. J'ai bien trompé l'ennui en vacances en essayant quelques jeux de plateforme ("Kuzco", "Tintin et le temple du soleil"...), mais j'ai vite laissé tomber tellement j'étais nul. Et puis j'ai craqué. Comme mu par un réflexe conditionné, j'ai racheté "Doom" sur Gameboy Advance. Pourquoi ? Certainement parce que je n'y croyais pas : le jeu sur lequel je jouais sur PC il y a plus de 10 ans ne pouvait certainement pas tenir dans une cartouche de la taille d'une petite boite d'allumettes. Ce n'était pas possible. Le jeu qui valait 350 francs en magasin ne pouvait pas coûter quelques euros sur un vide-grenier.

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Et pourtant si : dès le premier niveau, même si la taille de l'écran a considérablement diminué, je retrouve les mêmes sensations. Les mêmes bruitages. Le même plaisir de tirer sur des ennemis tellement pixelisés qu'on jurerait qu'ils ont été modélisés en Lego. Je suis toujours aussi nul pour trouver les passages secrets. Faute de notice, je n'ai pas compris comment on passait d'une arme à une autre, et je me retrouve à envoyer des roquettes alors qu'un simple coup de fusil de chasse aurait suffit. Evidemment, je suis fort dépourvu quand, au tableau suivant, j'aurai bien besoin d'une arme de frappe massive pour dézinguer les deux minotaures ( les fameux "barons de l'enfer") qui se sont jurés d'avoir ma peau. Ceux-là, j'ai beau vider des chargeurs de mitraillettes sur eux, rien à faire : je finis toujours par me faire rétamer. Press Any Key To Continue. En cherchant à éviter leurs attaques, je me souviens pourquoi j'ai commencé par adorer "Doom" avant de le détester. Parce que j'ai perdu des heures à recommencer les mêmes niveaux. A tomber pour mieux me relever, incapable de résister à l'invitation de me reprendre une grosse branlée.

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La seule chose qui a changé, en 10 ans, c'est que je mets certainement moins de temps à me rendre compte que je suis en train d'en perdre. Je regarde la cartouche du jeu du coin de l'œil. Tu penses que je vais t'insérer dans la Gameboy et me faire humilier encore pendant une heure ? C'est bien mal me connaître. Ils peuvent dormir sur leurs deux cornes les minotaures, ce n'est pas demain que je vais aller les déranger. Si mes cartouches sont épuisées et que mon armure est en pièce, ma jauge d'apathie est à 100%. Vous me mettriez "Duke Nukem" sous le nez que je ne broncherai pas. D'ailleurs, ça existe" Duke Nukem" sur Gameboy Advance ?

Posté par philippe dumez à 00:19 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Appelez-moi Philippe Doomez

    Jason Bourne

    Un neurologue t'expliquerait que la mémoire "procédurale" (les trucs qu'on sait faire) est distincte de la mémoire "épisodique" (autobiographique) comme de la mémoire "sémantique"(se rappeler que Ouagadougou est la capitale du Burkina Faso) et de la mémoire "sensitive". C'est pour ça qu'en se remettant à un jeu on retrouve ses réflexes (mémoire procédurale) et ses sensations (mémoire sensitive) alors qu'on ne se rappelle plus forcément quand on y a joué (mémoire épisodique) ni qui était président des États-Unis à l'époque (mémoire sémantique).

    Bref, tu es bien comme le héros de Total Recall ou comme Jason Bourne !

    Posté par Jean-no, 19 juillet 2009 à 10:40 | | Répondre
  • Puis Doomez il faut dire que cela claque, pratique pour impressionner

    Posté par Bishop, 19 juillet 2009 à 11:35 | | Répondre
  • Les niveaux vides

    Salut,
    Merdalor ! Encore un point commun. Serions-nous des clones ? Un conseil pour VRAIMENT perdre ton temps : Une fois un niveau vidé de tous ses monstres tu peux passer des heures à tourner en rond pour chercher TOUTES les cachettes et autres passages secrets. Ils y en a des tonnes. J'adorais ça... Pourvu que DOOM ne tourne jamais sur une DS.

    Posté par automne, 19 juillet 2009 à 18:07 | | Répondre
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