03 juillet 2009

Au bonheur des Dan (1)

Au moment d'entrer de pénétrer dans le couloir de l'Olympia, j'hésite encore à revendre mon billet à la sauvette. Et si tout ceci n'était qu'une folie, à commencer par la somme que j'ai du débourser pour assister à cette soirée (95 euros, frais de location et réservation inclus) ? Je passe une tête dans la salle pour apercevoir le groupe de première partie, et je la ressors aussitôt. C'est tout ce que j'appréhendais. Assis sur les marches, au milieu de sosies de Walter Becker en train de finir leur club-sandwich, j'essaie de me souvenir pourquoi je tenais tant à venir applaudir Steely Dan ce soir.

steely1Tous ceux qui ont tenté de me convertir par le passé ont échoué. Je ne dis pas qu'ils s'y sont mal pris, mais je n'étais sans doute pas prêt. Ou pas assez motivé. Ou les deux. Je me rappelle avoir tiré un trait sur Pretzel Logic après seulement une écoute. Curieusement, c'est en pleine vinylemania que j'y suis revenu, alors que je bravais tous les interdits : Fleetwood Mac, The Doobie Brothers, Eric Carmen, Todd Rundgren, 10 CC, America... Je n'avais peur de rien et j'achetais tout du moment que c'était moins de 3 euros. Vous m'auriez refilé vos Christopher Cross que je vous aurai pris dans mes bras. 

Can't Buy A Thrill (import Champs Disques, étiquette d'origine sur la pochette), puis The Royal Scam, Aja, et enfin Pretzel Logic à nouveau. Que j'écoute tout le temps, fasciné par ces idées de chansons qui durent 10 secondes, par ces choeurs un peu fous,  par cet instrumental très Nouvelle-Orléans qui tombe comme un cheveu sur la soupe ("East St-Louis Toodle-Oo")... Le côté multi-cartes fait presque penser à Ween, les champignons en moins. Je télécharge même un live de 1974, avec des versions habitées de "Bodhisattva" et de "My Old School".

steely2

Si j'attends que la première partie soit terminée avant d'aller m'asseoir, c'est aussi pour éviter l'ouvreuse. Elle n'est certainement pour rien dans le fait que les places soient aussi chères, mais je suis d'autant moins enclin à la solidarité. Et d'abord, est-elle vraiment uniquement rémunérée au pourboire ? Quel genre d'employeur se prête à pareil simulacre d'emploi ? En dévisageant les spectateurs pendant l'entracte, je me demande à quoi je ressemblerai quand j'aurai leur âge. La chemisette rentrée dans le pantalon ? Les cheveux s'éclaircissant sur le dessus et ramenés en queue de cheval derrière ? Les lunettes pendues autour du cou par le biais d'un lacet réglable ? Pieds nus dans des Dockside ? Vite, que ça commence ! (A suivre...).

Photos : George Talusan.

Posté par philippe dumez à 22:09 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Au bonheur des Dan (1)

    Merci pour ce merveilleux reportage... Et c'était quoi cette fameuse première partie ?
    Rien à voir avec Steely Dan (que j'aime beaucoup pour le peu que j'en connais)mais demain je vais à Nine Inch Nails. Je ne pense pas t'y croiser, mais au cas où...

    Posté par M.Pat, 06 juillet 2009 à 21:54 | | Répondre
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