24 juin 2009

Get Yer Yaya's Out

L'organisateur du concert m'avait prévenu  : viens tôt, ça risque d'être blindé comme un oeuf, et j'avais encore en mémoire l'expérience de la fois précédente. Acculé contre la porte du bar, je tendais l'oreille dans l'espoir d'intercepter une mélodie entre deux conversations avinées et le bruit du tiroir-caisse. J'étais arrivé un peu tard,  et j'avais très certainement sous-estimé le bouche-à-oreille autour de cette date solo qui tombait quelques semaines après l'Olympia. Au bout de deux morceaux, j'avais plié bagage, attendant l'occasion de le revoir dans de meilleures conditions.

yaya
Il est presque 21 heures quand j'enfourche un Velib' chancelant pour descendre la rue du Chemin Vert. La partie de Elefantissimo a duré plus longtemps que prévu, et en plus, j'ai perdu. Pourtant, la chance m'attend du côté de la rue Amelot : le concert n'a pas encore commencé, et j'ai même le temps de discuter un peu avec Yaya avant qu'il se mette à jouer. Chemise blanche à manches longues et jean, je l'ai rarement connu aussi sobre. Ce soir, ce n'est pas le chanteur de Herman Düne en solo. C'est autre chose. On le sent dès les premiers morceaux : son de guitare très sec et phrasé ralenti, les versions de This Will Never Happen ou Song for The Family  me renvoient quelques années en arrière, quand je n'aurai raté pour rien au monde une apparition d'André ou de David, justement parce qu'il allait s'y produire quelque chose d'unique. Comme ce qui est en train de se passer ce soir.

Yaya joue pour moitié des nouvelles chansons : Shadow of a Doubt, I Hear Strange Music, Your Love is Gold ou In The Long Run. Il prend manifestement beaucoup de plaisir à se retrouver en petit comité, glisse une reprise des Silver Jews (Strange Victory, Strange Defeat, extrait du dernier album) et revient petit à petit sur des titres plus récents. Baby Baby You're My Baby est méconnaissable, dans une interprétation dix fois supérieure à celle du disque. Someone Knows Better Than Me est bouleversante. Je suis tellement heureux que j'en pleurerai presque : moi qui me suis ennuyé aux deux derniers concerts de Herman Düne auxquels j'ai assisté, je ne pensais pas que je pourrai être à nouveau touché ce point. Et ce n'est pas fini, puisque Yaya enchaîne sur Not On Top et My Home is Nowhere Without You. Sur cette dernière, il improvise une partie de guitare presque flamenco qui convient à merveille. J'ai envie de le prendre dans mes bras comme quand on retrouve un vieil ami, mais je me contente de félicitations un peu banales, et surtout pas à la hauteur de la prestation qu'il vient d'accomplir. En sortant, ma barbe a poussé de deux centimètres et je remonte la rue d'Oberkampf en danseuse. Demain, je ressors mon t-shirt de la tournée "Mas Cambios" et je me la pète à mort. La vraie fête de la musique, cette année, c'était le 23 juin et je ne t'y ai pas vu.

Photo : Krakow81

Posté par philippe dumez à 00:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Get Yer Yaya's Out

    ben voilà une bonne nouvelle...

    ... que cette résurrection !

    Posté par toniduran, 24 juin 2009 à 08:49 | | Répondre
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