21 juin 2009

L'aigle noir

A peine rentré du Japon, eMusic m'informe de la sortie d'un nouvel album de James Blackshaw : qu'est-ce que tu attends pour aller l'acheter plutôt que de te retrouver à télécharger n'importe quoi la veille de l'expiration de ton forfait ? Ce n'était pas tout à fait formulé de la sorte, mais c'est comme ça que je l'ai interprété. Cet appel du pied tombait de toute façon à point nommé : comme je l'ai précédemment raconté, je ne décroche pas de Running To The Ghost, fasciné par le pouvoir évocateur de la musique de ce guitariste anglais qui, entre John Fahey et Philip Glass, n'est pas parvenu à faire un choix. Sans pour autant négliger l'aspect mélodique, et tout en travaillant la texture musicale : Running To The Ghost comporte ce qu'il faut de carillons pour rendre chaque écoute suffisamment mémorable.

black
Son nouvel album ne se démarque pas de ce double héritage. Même s'il ouvre son horizon à de nouvelles influences : impossible de ne pas penser à Ennio Morricone en découvrant Cross, The Rachels sur Arc, ou Yann Tiersen à l'écoute de Fix. James Blackshaw, s'il a déjà 6 albums derrière lui, n'a pas encore 30 ans.   Michael Gira vient de le signer sur son label Young God Records : c'est lui qui publie "The Glass Bead Game", démonstration étourdissante de sa maturité musicale. Plus je deviens intime avec ses enregistrements, et plus ce virtuose m'apparaît comme une sorte de visionnaire, puisant dans la mélancolie une force qui l'élève au-dessus de ses contemporains et qui rend sa musique aussi intemporelle que peut l'être celle de Jim O'Rourke.

S i, pour le moment, son nom est inconnu du grand public, James Blackshaw possède son petit public d'inconditionnels. Notamment sur youtube, où une tribu d'adeptes du fingerpicking s'exercent sur ses morceaux : plan serré sur un manche de guitare dévoilant, en arrière plan, une porte entr'ouverte ou une machine à laver, avec lien vers une page de tablatures établie par un fan. Les disciples de Marcel Dadi semblent l'avoir choisi comme leur nouveau prophète, mais ce serait dommage de le leur laisser : amis techniciens, vous n'avez pas le monopole du cœur.

Photo : Kyle Dean Reinford
 

Posté par philippe dumez à 19:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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