11 juin 2009

A la baguette (8)

La feuille de route ne mentionne aucune visite à Hamanako, et pour cause : ce n'est ni plus ni moins qu'une ville étape sur le trajet entre Kyoto et Tokyo et dont le principal pôle économique semble être le Royal Hotel (salle de jeux, spa, bar lounge...) dans lequel nous allons passer la nuit. Pourtant, c'est ici que va avoir lieu la scène la plus surréaliste de notre périple.

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La fin d'après-midi avait pourtant été sous la signe de la loose : j'avais oublié ma serviette en descendant au bain, puis j'avais perdu la direction des bains et j'avais été obligé de suivre un couple en peignoir à la trace, j'étais rentré par erreur du côté des femmes, j'avais embarqué la paire de chaussons de quelqu'un d'autre en sortant et j'avais même fini par me tromper de numéro de chambre, tambourinant en vain à la porte de la 630 alors que Moutarde m'attendait à la 930. En kimono, à moitié dégoulinant, il a fallu que j'aille me ridiculiser devant le concierge pour me rendre compte de ma méprise. Comment on dit pardon, déjà ? Ah oui : sumimasen.

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Le soir venu, le chef du restaurant gastronomique a décidé de mettre les petits plats dans les grands à l'occasion de notre venue. Et pour cause : c'est en France qu'il a fait ses classes, et il entend bien nous montrer qu'il n'a pas démérité sa toque. Histoire de nous mettre de l'ambiance, il a choisi un CD de vieilles chansons françaises qu'on écoute tout en découvrant la vue panoramique sur la région. A côté de chacune de nos assiettes (eh oui, des assiettes ! des couverts ! et même du pain aux céréales ! ), il a fait déposer un menu qu'il a concocté spécialement pour nous : thon tartare aux pignons avec salade de pommes de terre, crème de potage aux champignons français, loup de mer poêlé sur fondue d'oignons au vinaigre, granité de wasabi , filet de bœuf rôti au vin rouge, gâteau au chocolat, café noir.  Tout est évidemment délicieux. Mais ce n'est pas fini.

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Au milieu du repas, un petit cercle se forme autour d'une table derrière nous : le personnel du restaurant souhaite un bon anniversaire à un vieil homme qui est venu diner avec ses enfants. Et nous répliquons par une salve d'applaudissements, ce qui apparemment n'est pas coutumier au Japon. Et provoque chez le célébré une réaction inattendue : en remerciement, il fait apporter à notre table deux bouteilles de Veuve Cliquot. Deux bouteilles de Veuve Cliquot au 13ème étage d'un hôtel perdu au milieu des rizières. Nous sommes aussi surpris que terriblement gênés. Alors, en réponse, toute la tablée se lève, verre à la main, pour lui chanter "Joyeux Anniversaire". Cette fois-ci, il est tellement ému qu'il vient à notre rencontre. Le guide nous traduit ses paroles : il n'oubliera jamais cet anniversaire, qu'il s'apprêtait à passer en petit comité avant qu'un bataillon de touristes français ne vienne le pimenter. On le rassure : nous non plus. (A suivre...)

Posté par philippe dumez à 23:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur A la baguette (8)

    Ca commence bien.

    Posté par Vincent, 12 juin 2009 à 09:47 | | Répondre
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