09 avril 2009

Un avion à prendre

C'est rare que dans un film une chanson me boulverse au point que les images qui l'accompagnent s'inscrivent de manière indélébile dans ma mémoire. Je ne peux plus écouter par exemple le "Hope There's Someone" de Antony sans penser à l'hélicoptère qui quitte la plateforme pétrolière en emportant Tim Robbins dans The Secret Life of Words.  Ce n'était pourtant pas faute de le connaître par coeur : mais grâce à l'utilisation qu'en fait Isabel Coixet, sa puissance émotionnelle est encore décuplée. Je crois que je l'aurai entendu au cinéma, j'en aurai pleuré.

indian

J'ai eu la même sensation pendant The Indian Runner hier soir. J'ai immédiatement été emporté par une mélopée lente et pénétrante, dotée d'une longue introduction et chantée d'une manière désespérée. Il y est manifestement question d'un chagrin d'amour ("I saw you coming back to me") et d'un rêve translucide. Sean Penn (dont c'était le premier long-métrage) a eu l'intelligence d'utiliser le morceau en entier lors d'une scène clé : celle lors de laquelle on comprend que Viggo Mortensen ne rentrera jamais dans le rang et qu' il restera le garçon sauvage qu'il n'a jamais cessé d'être. Le  "Comin' Back To Me" de Jefferson Airplane l'accompagne dans sa chute : il n'est pas chanté par Grace Slick mais par Marty Balin. Ca n'a rien à voir avec "Somebody To Love" ou  "White Rabbit" : on dirait plutôt le David Crosby de If I Could Remember My Name. C'est magnifique, et c'est encore plus beau quand Viggo roule en même temps au volant d'une décapotable à laquelle il finira par mettre le feu. Et si j'étais passé à côté de Jefferson Airplane ? Et si le message caché derrière tout ça, c'était d'y revenir au plus vite

Posté par philippe dumez à 23:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


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