24 janvier 2009

Cosmo 2009

C'est une maladie dont les symptomes me sont familiers. Si elle n'a jamais pris chez moi des proportions inquiétantes, beaucoup de mes amis en sont frappés à des stades différents. Régulièrement, ils me tiennent au courant de son évolution : je passe des disques au Mxxxx ce soir à partir de 21h00, si tu veux passer prendre un verre... On a tendance à la traiter un peu à la légère, mais je considère vraiment la deejayite comme le mal du siècle. On n'en mesurera la gravité que dans quelques années, quand les danseurs seront tous passés de l'autre côté des platines, mais en attendant, on serre les dents en attendant la venue d'un spécialiste : celui qui guérira le mal par le mal grâce au traitement imparable dont les grand magiciens se transmettent le secret depuis des générations.

cosmo

Cosmovitelli est l'un d'entre eux. Il ne faut pas retenir de lui l'image du DJ ayant commis un des premiers albums frappés de la malédiction du copy-control, mais plutôt celle du monomaniaque croisé de bon matin sur les vide-greniers. Pas parce qu'il s'est levé tôt : plutôt parce qu'il rentre d'une nuit de labeur. Dans l'esprit du label exigeant qu'il a initié il y a quelques années, il poste sur son blog tous les semaines des titres qu'il aurait pu éditer sous la forme d'un white label : pas de nom de morceau, pas d'interprète. Juste un numéro de catalogue, signe de l'appartenance à une série, baptisée "Something For The Week-End".  Et leur point commun, c'est certainement de s'éloigner des pistes de danse pour aller se perdre dans des territoires inconnus. Disco mutant ? Post Funk ? Laissons aux exégètes le soin de s'étriper à ce sujet : il suffit d'écouter pour tomber à la renverse. Et mesurer le fossé qui sépare les passeurs des pousse-disques.

Au bout de 50 références, Cosmo a dévoilé le dessous des cartes : le 18 novembre dernier, sous la forme d'un .doc téléchargeable, il balançait les références de tous les disques qu'il avait postés. Une liste noire qui en dit long sur sa curiosité : Talk Talk, Yves Simon, Sly Dunbar, Peggy Lee pour les plus connus, mais aussi Sonia Gold, Charlotte Dada, Croox ou Prophetic Four. Autant de raisons de croire en l'impossible et de le remercier pour les semaines (les mois ? les années ?) passées à chercher la perle rare au milieu de vinyles détrempés ou de fichiers mal encodés. Sans pour autant que ce testament ait une valeur définitive : il a continué la série, selon un principe différent. Chaque jeudi soir, il dévoile l'identité des morceaux proposés la semaine précédente. Et en offre cinq nouveaux, à apprécier à l'aveuglette.

Pour être honnête avec vous, j'ai pris le train en marche et j'ai téléchargé les 65 premiers morceaux d'un coup. J'ai passé 5 heures à les écouter et je les ai trouvés à peu près tous géniaux (sauf le #5 qui est enroué). Mis à part John Frusciante, Dominique A. et Yoko Ono, je n'avais à peu près rien reconnu. J'ai alors regardé les solutions et j'ai été tenté de retaguer tous les fichiers. Et c'est moins la paresse qui m'a découragé de le faire que l'envie de les conserver en l'état, avec leur aura de mystère. Ils n'en sont pas moins bons, bien au contraire. Appréciés pour ce qu'ils sont et pas pour ce qu'ils représentent, ils sont même meilleurs. Et  si c'était un des secrets que les magiciens des platines se transmettent depuis des années ? Chut !

Photo : Spacedog.

Posté par philippe dumez à 00:42 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Cosmo 2009

    ça a l'air trop bien mais chez moi aucun player ne fonctionne. Ils font bien semblant mais rien ne joue.

    Posté par Jean-no, 25 janvier 2009 à 09:56 | | Répondre
  • la première fois que je suis allé sur ce site, mon non plus aucun player ne playait. Aujourd'hui ça a marché pour un titre et puis plus rien.
    Je vieillis : je viens d'entrer dans la catégorie de mes parents qui ne savent pas programmer leur magnétoscope ni effacer les messages trop anciens sur leur répondeur.

    Posté par seb, 29 janvier 2009 à 10:20 | | Répondre
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