04 janvier 2009

Une question de sensibilité

Il y a des mélodies auxquelles je suis programmé à obéir. Celle-ci me suit depuis longtemps. La première fois que je l'ai entendue, c'était sur un 45 tours édité par un label de Bristol : le groupe s'appelait The Fieldmice, le titre "Sensitive". Ce qui est merveilleux, c'est que le fait qu'elle s'étire assez copieusement ne prive absolument pas du plaisir de la réentendre immédiatement. Et même si The Fieldmice est également l'auteur d'autres tremblements de terre dans un mouchoir de poche, aucun n'est jamais parvenu à égaler "Sensitive". Dont Arman Meliès a retrouvé les accords sur un titre de son dernier album : "En nous la vie". Je n'ai jamais su s'il s'agissait d'un hommage ou d'une coïncidence : mais la mélodie, jouée par d'autres doigts et chantée dans une autre langue, produit toujours chez moi le même effet. Quelques mois après Meliès, et de l'autre côté de l'Atlantique, +/- la prend au vol et me la renvoie. Rien à faire : j'en suis toujours l'esclave émerveillé.

plusminus

Et pourtant, j'aurai pu voir le coup venir. Dans les années 90, une partie de +/- (accompagné par une bassiste dont je vous ai déja fait l'éloge) sévissait sous le nom de Versus et publiait des albums qui, sans être essentiels, comblaient très bien l'attente entre deux Yo La Tengo. J'en compte encore quatre sur mes étagères (même le tout dernier que je n'écoute jamais), témoins de l'affection que j'ai pu leur porter. Qui est proportionnelle à l'indifférence qui a accompagnée leur nouvelle incarnation, jusqu'à ce que je pose une oreille sur "Snowblind". Mais comment avaient-ils deviné qu'il n'y a pas meilleur moyen de capter mon attention que de jouer cette mélodie magique, comparable à celle dont Link se sert pour diriger les vents (si tu n'as jamais joué à Zelda The Windwaker sur Gamecube, passe directement au paragraphe suivant sans chercher à comprendre ) ? Et comment sont-ils parvenus à la rendre une nouvelle fois nouvelle, alors que je la connais par coeur ?

J'ai mis un moment à aller plus loin que "Snowblind". J'ai lu des chroniques de l'album de +/-  qui leur reprochaient de sonner un peu trop comme Death Cab For Cutie (un doux paradoxe quand on sait que le groupe de Ben Gibbard s'est formé six ans après Versus), et je me suis dit que ça ne pouvait certainement pas me déplaire.  Et même si l'analogie n'est vraiment justifiée que sur un seul titre, c'est surtout avec The Fieldmice que +/- m'a réconcilié. Depuis, j'attends de pied ferme le prochain qui me fera le coup. Auquel je me ferai prendre sans opposer la moindre résistance. En espérant que ce ne soit pas Tokio Hotel. 

Posté par philippe dumez à 01:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Une question de sensibilité

    tout pareil, pour snowblind. écoutée en boucle pendant des jours. par contre l'album je l'ai trouvé vraiment moyen.

    Posté par Nora, 05 janvier 2009 à 12:18 | | Répondre
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