22 décembre 2008

Ainsi parla Alzo

Durant mon séjour du côté obscur de la force, j'ai téléchargé beaucoup de disques estampillés "trésors cachés". De la sunshine pop, du folk anglais, de la musique brésilienne... Mon appétit était insatiable, à la hauteur de ma naïveté : grâce à un essaim de têtes chercheuses réparties aux quatre coins du globe, les murs de la discothèque idéale tremblaient. Le règne de Odessey and Oracle était mis en péril puisque de nouveaux chefs d'oeuvre étaient mis en ligne tous les jours. En fait, Rod Argent et Colin Blunstone en rient encore. Car évidemment, la plupart des candidats repêchés au format .rar n'ont pas tenus leurs promesses. Beaucoup de disques mineurs, dont les compilations avaient déjà prélevé la susbstantifique moelle, sont réapparus. Et énormément d'enregistrements surestimés, dont la rareté a été confondue avec la valeur artistique. Pour ainsi dire, il n'y en qu'un seul que j'ai absolument eu besoin d'acheter tellement il m'était devenu indispensable. Mais il faut dire que ce n'est pas n'importe lequel.

alzo

Je ne sais plus ce que j'ai du lire au sujet de Alzo & Udine avant de l'écouter : probablement un raccourci du genre : "Love chanté par les Bee Gees exilés au Brésil". Mais le pire, c'est que c'est exactement ça. Des chansons évidentes servies par deux voix qui s'envolent dans les aigus, des percussions latines, du claveçin, du banjo, et surtout du bonheur. Beaucoup de bonheur. Et du rythme. Pour le coup, C'mon and Join Us possède vraiment toutes les qualités d'un classique. Mais au final c'est le rival malheureux de Forever Changes, sorti trois ans plus tard, sans trompettes ni tambours, et sous une identité qui évoque plus le délire de deux pizzaiolos que le génie de Arthur Lee et Bryan MacLean. Et pourtant...

C'est à Rev-Ola, la branche de Cherry Red vouée aux réeditions, qu'on doit l'exhumation de leur unique album en 2007. Il y a même deux titres de plus par rapport au LP original. Dans les notes de pochettes qu'il a signées, Douglas T Stewart des BMX Bandits n'y va pas de main morte : "C'est un peu comme si "Push The Little Daisies" de Ween avait été interprété 20 ans plus tôt par Todd Rundgren accompagné par les Rascals". Son style inspiré vient palier le manque d'infos existantes au sujet du duo. Même l'iconographie est quasiment inexistante. Peu importe, puisque le génie de C'mon and Join Us se passe de commentaires. Quand je serai grand, je ne serai pas Bee Gees. Je serai Alzo ou Udine. Et je monterai dans les aigus sans avoir l'air ridicule. Il y a encore du travail. Comme eux, je mettrai peut-être 37 ans pour goûter un début de reconnaissance. Mais j'y arriverai.

Posté par philippe dumez à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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