23 novembre 2008

La fin d'un monde

C'est en lisant le blog de Jean-No que j'apprends la disparition, le 04 novembre dernier, de Michaël Crichton et le hasard (qui n'existe pas, souvenez-vous) veut que j'ai beaucoup pensé à lui la semaine dernière en voyant pour la première fois Electroma. Car si le second long-métrage de Daft Punk est rempli d'hommages aux cinéastes ayant marqué le duo, comment ne pas penser irrésistiblement à Mondwest en découvrant la scène finale ? Le premier film de Michaël Crichton figure, avec Le Roi de coeur et Le jouet, parmi ceux qui ont le plus marqué mon enfance. Je l'avais certainement vu dans le cadre de l'Avenir du futur, suivi d'un débat animé par Robert Clarke. Mais l'image de ce shérif sans visage demeure dans mon inconscient aussi indélébile que celle de Dark Vador. Un Dark Vador habillé en cow-boy, aussi dur à arrêter qu'un Terminator. Quoi ? Qu'est-ce que je suis en train de vous faire avaler ? Que Daft Punk et James Cameron auraient tous les deux puisé leur inspiration dans une série Z tournée en 1972 ?

mondwest

Malheurement, il semblerait que Mondwest marque l'apogée de Michaël Crichton en tant que cinéaste. Ce n'est même pas lui qui a réalisé Futureworld, très décevante séquelle construite à partir d'une scène coupée du premier film qui donne l'impression que Yul Brynner a repris son rôle d'androïde dérangé. Dans les années 80, il est l'auteur de deux autres variations autour du thème de la robotisation : Looker, avec Albert Finney ("Ne bougez pas votre machoire inférieure. Toute interruption fait perdre un temps précieux à l'ordinateur") et Runaway, l'évadé du futur, dans lequel Tom Selleck et Gene Simmons rivalisent de médiocrité. Puis il retourne à sa première passion : romancier de science-fiction. Le cinéma ne l'oublie pas pour autant puisque certains de ses romans, adaptés, connaissent une seconde vie : il est notamment à l'origine de la trilogie Jurassic Park.

Télérama, cette semaine, lui règle son compte en quelques mots à titre d'épitaphe : "auteur à succès, réalisateur moyen". Certes, il y a du vrai là-dedans. J'ai revu Mondwest récemment, et ça m'a beaucoup moins fait peur qu'avant. Voire plus du tout, si ce n'est du ridicule. Mais je me suis revu enfant, enfoncé dans le canapé, sursautant à chaque pas de Yul Brynner. Et cet enfant-là, j'ai presque regretté de ne plus l'être. Je ne suis pas sûr que je sois meilleur spectateur depuis. Je ne crois plus aux parc d'attractions peuplé d'androïdes au service des humains. Heureusement que le Père Noël existe lui bel et bien, puisque je compte sur lui pour m'offrir le DVD dans un mois. A moins que...

Posté par philippe dumez à 14:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur La fin d'un monde

    Chauve qui peut

    Michael Chiklis hier, Yul Brynner aujourd'hui... Tu nous prépares quoi pour demain? Un hommage à Telly Savalas?

    Posté par Tuco, 29 novembre 2008 à 17:09 | | Répondre
  • Electroma c'est un film expérimental, à la limité de l'art contemporain où une référence assez évidente semble être "Cremaster" et d'une certaine manière "2001".
    J'ai trouvé le film plutôt pompeux, lisse et plein de reflets.
    On dirait appliqué au cinéma, un de ces albums de studio hyper produits qui servent à tester les chaînes hi-fi.

    Posté par pradoc, 29 novembre 2008 à 17:56 | | Répondre
  • Une autre référence évidente pourrait être "Gerry" e Gus Van Sant.

    Posté par pradoc, 30 novembre 2008 à 19:01 | | Répondre
  • me souviens que mon père m'avait empêché de voir Yul cramer et fondre une fois déguisé en torche robotique.. D'ailleurs n'est-ce pas cité dans Terminator cette poursuite entre un androide et un humain ?

    Posté par seb, 01 décembre 2008 à 23:25 | | Répondre
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