17 novembre 2008

My Taylor is called Alexis

Il est apparu sur scène dans une veste de jogging trop grande pour lui, ceinte d'un tour-de-cou disgracieux au bout duquel pendait son pass backstage et qu'il n'a pas quitté du concert. La chaleur aidant, il a commencé à se déshabiller pour finir en marcel blanc, évidemment rentré dans le pantalon. Les tenues d'Alexis Taylor ne sont jamais décevantes : à Rock en Seine, il arborait déjà une magnifique veste jaune canari. Avec ses lunettes de prof de biologie, sa frange et sa petite boucle d'oreille, il aurait pu finir modèle chez C&A. Mais il possède aussi la plus douce voix de la pop anglaise depuis Paul Heaton et cette capacité à composer aussi bien des bombes taillées pour le dancefloor que des ballades au coin du feu. Le tout sans complexes, comme quand il revisite le "Sexual Healing" de Marvin Gaye avec une dévotion presque religieuse.

alexis

C'est pourtant en catimini que paraît Rubbed Out, le premier album solo du chanteur de Hot Chip. Sa facture artisanale a été peaufinée jusque dans les moindres détails : enregistrements domestiques, pochette gaufrée impression or réalisée par un micro-label porté sur les musiques expérimentales, disponible uniquement en CD et par correspondance. Pas d'avant-première myspace, pas de remixes, pas même de distribution digitale. Juste l'essentiel : des chansons qui ne durent parfois que le temps d'une idée, laissées à l'état de maquette, d'où le rythme est la plupart du temps absent. C'est la veine la plus intimiste de Hot Chip : celle qui a donné naissance à des merveilles comme "We're Looking For A Lot of Love", "Made in the Dark" ou "Whistle for Will ". Ici, elles s'appelent "Baby", "I Love My Home" ou "(You're My) Collector's Item" (certainement la déclaration d'amour la plus originale de l'année). Mais l'émotion est la même. Il y a juste un peu de souffle en plus. 

Face au public du festival des Inrockuptibles, c'est un Alexis différent qui  mène la danse. Il tape sur tout ce qu'il trouve, se fait prêter une guitare fauchée sur le rack de Eddie Van Halen et se révèle un des plus fervents disciples de Dr Fink. Il n'a plus rien à voir avec le garçon qui chuchote de manière à ne pas déranger les voisins. Et pourtant, c'est le même. Dans le clip de "Ready For The Floor", il assume sa schizophrénie en se travestissant tour à tour à la manière du Joker puis de Harvey Dent, le visage scindé en deux. Dimanche, la Cigale avait des allures de Gotham City. Et personne, mais alors personne, n'avait envie d'appeler Batman à la rescousse.

Photo : Servanne.

Posté par philippe dumez à 09:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur My Taylor is called Alexis

    Je n'arrive toujours pas à comprendre comment 'jai pu louper ce concert! Je ne m'en remettrai jamais.
    En tout cas je ne sais pas si tu as écouté le premier album d'Hot Chip, mais quand je vois les titres que tu considères comme des merveilles, je ne peux que vivement recommander certains du premier disque: Coming On Strong.
    Par exemple: baby said, shinning escalade, ou encore you ride we ride in my ride. Je les trouves perso encore meilleurs ! Si tu les connais déjà, et bien merci pour les rappels sur le gout vestimentaire sans failles du bonhomme

    Posté par MrMeuble, 24 novembre 2008 à 01:53 | | Répondre
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