06 novembre 2008

Viens voir le docteur

Dans C'était demain de Nicholas Meyer, la machine à remonter le temps conçue par H.G. Wells ne peut fonctionner sans une clé située à l'extérieur du cockpit. Cette clé, Dr.Dog l'a jetée après s'en être servi pour remonter en 1971, l'année de la sortie de RAM et de Hunky Dory. Sur leur premier album, paru dans la foulée de Chaos and Creation in The Backyard, l'illusion était parfaite : Easybeat ressemblait à la récréation que Macca s'était accordée dans le dos de Nigel-les-bons-tuyaux, en déguisant son forfait sous un nom un peu débile et en s'affublant des pseudonymes les plus fantaistes (Tables : bass, vocals, Taxi : guitar, vocals, Triumph : drums, vocals, Text : keyboard, Trials : guitar). Malheureusement We All Belong, qui lui succède trois ans plus tard, ne tient pas la comparaison, sans doute par excès de nonchalance. Dr.Dog, une plaisanterie qui a tourné court ? Ca aurait pu. Car même si le nouveau s'appelle Fate, rien n'a été laissé à hasard. A commencer par le choix des chansons, qui sont certainement parmi les meilleures que le groupe ait jamais composées. Let go of the old ones / We've got some new ones / Hold on to the new stuff / And let go and get real tough chantent-ils sur "The Old Days", comme une profession de foi.

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C'est par ce titre qu'ils choisissent d'enflammer la Flèche d'Or. Pantalon à bretelles, chemisette à motifs, toque en fourrure et lunettes de soleil, la bande à Taxi ne se prend pas très au sérieux. Sauf quand il s'agit de jouer : carré, avec une énergie et une cohésion que je n'avais pas vues depuis Noah and The Whale. Ils passent en revue au pas de charge la plupart des titres de Fate, et jamais l'intensité ne descend. Si c'est leur première date en France, ils ont eu tout loisir de travailler leur jeu de jambes aux États-Unis, en première partie de My Morning Jacket ou des Strokes. Je ne regrette pas d'avoir fait le déplacement : c'est encore mieux que sur disque. Comment un groupe aussi bon n'est-il pas beaucoup plus connu ? Pourquoi leur troisième album est-il paru en catimini cet été ? Encore deux titres et ils quittent la scène, sans s'être séparés de leurs couvre-chefs. Mercredi soir, Fate s'écrivait Fête. Pourvu que le prochain s'intitule Fortune et que ça leur porte chance.

Photo : Macwright

Posté par philippe dumez à 09:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Viens voir le docteur

    J'ai pas eu le courage de sortir de chez moi pour venir...
    Une mauvaise idée apparemment !

    Posté par lyle, 07 novembre 2008 à 20:52 | | Répondre
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