13 septembre 2008

Staring At The Sun-Ken

Je me suis fait avoir comme un bleu. Comme c'était gratuit, je l'ai pris : un échantillon de 30 pages offert par l'éditeur pour lancer une nouvelle série dont l'intrigue tient en une seule phrase. "Un paumé se retrouve à la tête d'un gang et tombe amoureux d'une fliquette à tomber par terre". A priori, ce n'est pas le genre de mangas qui me passionne : et Sun-Ken Rock me serait certainement rapidement tombé des mains si Boichi, son auteur, n'était pas fou. Complètement fou.

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Graphiquement, il alterne des scènes d'un réalisme très poussé, servi par un sens saisissant du mouvement, avec des purs moments de délire où le trait des personnages se déforme jusqu'à les faire ressembler à ceux de Dragon Ball Z. C'est un peu comme si deux dessinateurs cohabitaient au sein de la même personne et se livraient un combat permanent. Narrativement, on n'échappe pas toujours aux clichés du récit ultra-violent et sexiste : mais on passe aussi par des instants totalement surréalistes, comme quand deux chefs de gangs dissertent sur le bien-fondé de l'existence de L'Etat ou le statut des armes blanches sous la dictature en Corée du Sud.

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Tout comme Yuki Urushibara (dont il est pourtant l'exact opposé), Boichi prend le temps de parler à ses lecteurs. A la fin du tome 1, sous la forme d'une bande dessinée au style très fantaisiste, il commente les prouesses accomplies par son équipe pour prendre en photo les lieux dont il s'est inspiré pour dessiner la série. A la fin du second, il balance les trucs qui confèrent à ses scènes de combat autant de réalisme, clichés à l'appui : on voit même un figurant déchirer son pantalon en pleine action. "Malgré son évidente surprise, il n'a pas hésité à continuer la scène ! Tout ça pour Sun-Ken Rock !". Il y a chez Boichi un mélange d'innocence et de perversion absolument unique. Il peut déranger autant que fasciner, selon l'attirance que l'on développe pour cet univers où l'excès est la norme. Après avoir lu les 30 pages de l'échantillon, j'ai acheté les deux premiers volumes de Sun-Ken Rock, et j'en redemande. Même si, à chaque fois que je le lis dans le métro, j'ai toujours du mal à cacher la paire de nichons qui est en quatrième de couverture. Et la passion que je développe secrètement pour ce malade. Ce très grand malade.

Posté par philippe dumez à 17:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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