20 août 2008

Le Cass du siècle

Ca faisait plusieurs fois qu'il s'approchait du but sans l'atteindre. Si bien que, sur la pointe des pieds, il a fini par y parvenir. A force de vouloir imiter Alex Chilton sur le troisième album de Big Star, Cass McCombs y est arrivé. Et l'illusion est tellement parfaite qu'elle donne le chair de poule. Il y a, sur Dropping The Writ, des moments de grâce à même de confrondre le chiltonien le plus chauvin (essayez "Morning Shadows" par exemple). Surtout que la ressemblance ne s'arrête malheureusement pas au timbre de voix : la carrière de Cass McCombs semble aussi mal barrée que celle de son idôle dans les années 70.

cass_mccombs
Le premier album de Cass McCombs comportait un grand A majuscule rouge sur la pochette, soit la note maximum dans le système éducatif américain : malheureusement, et malgré un titre d'ouverture renversant ("I Went To The Hospital", d'obédiance hautement callahaniennen), il n'a pas réussi à s'imposer comme l'égal d'un M.Ward ou d'un Mark Kozelek. C'est dans une veine plus pop que s'inscrit son deuxième, PREfection, avec un vrai tube à la Ian McCulloch, "Sacred Heart". Qui ne lui apporte toujours pas l'exposition qu'il mérite : il brouille même les pistes. Rétrospectivement, PREfection peut se comprendre comme : "avant la perfection". Car celle-là, c'est avec Dropping The Writ qu'il y parvient. Mais qui s'intéresse encore aux perdants passé le deuxième album ? Plus grand-monde. Alors qu'il est paru en janvier dernier, je n'ai découvert son existence qu'il y a quelques semaines, en l'extirpant d'un bac d'occasion.

Pourquoi s'agit-il de son meilleur album ? Parce que la production est plus claire qu'avant, que le line-up a visiblement été remanié (exit l'orgue) et que ses chansons n'ont jamais été aussi lumineuses. Il suffit de jeter une oreille à la session enregistrée pour KCRW (en téléchargement gratuit sur le site de l'artiste) pour s'en rendre compte. Malheureusement, c'était trop simple. La pochette est hideuse et le premier titre du disque est le moins représentatif. Je pense que celui qui l'a revendu n'a pas dû aller plus loin : il s'est fié aux apparences, et j'aurai bon dos de lui jeter la pierre vu que je résonne souvent comme lui. Heureusement, il n'y a pas de date de péremption sur Dropping The Writ. Au même titre que Third/Sister Lovers, il semble inépuisable. Au moins jusqu'à la fin de l'année. Ce qui nous emmène déjà très loin.

Posté par philippe dumez à 09:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Le Cass du siècle

Nouveau commentaire