27 juin 2008

Pour cent balles, t'as plus de boule

Vous n'avez pas idée du garçon casanier que je suis. Ma semaine obéit à des rituels immuables. Je vais à la piscine tous les mercredis au même endroit et à la même heure. Je fais les commissions tous les samedis matins au même supermarché et j'achète les mêmes produits. Je pose la même question aux enfants tous les soirs, celle-là même que me posaient mes parents et qui m'exaspérait. Une à deux fois par semaine, je pratique une expédition punitive chez Joseph Gibert, rayon bande dessinée et manga, inévitablement suivie du même déjeuner chinois sur le pouce. Jusqu'à un récent changement de direction, je n'avais même plus besoin d'annoncer la couleur : j'étais d'office de menu vapeur avec un riz cantonnais et un Coca Light. Je ne sais pas si cette routine me rassure, mais je m'y conforme sans trop me poser de questions.

boule

Même s'il y en a une qui me taraude depuis la semaine dernière : pourquoi la boule coco a t-elle disparu de la formule ?  C'est en la réclamant à la fin du repas que son absence m'a été signifiée avec un brin d'aplomb. Non que je sois un inconsolable de la petite montage blanche et molle qui supporte mal le micro-ondes. Mais c'était à la fois la ponctuation finale de mon repas et le signal sucré du retour vers mon lieu de travail. Pour une raison bassement économique (la hausse du baril de coco ?), mon menu n'est plus le même, alors qu'il me coûte toujours autant. Je me suis d'abord demandé si, par mesure de représailles, je n'allais pas choisir le boycott pur et simple, suivi de la pétition pour la réintégration du dessert. Mais c'était trop d'habitudes chamboulées d'un coup, et j'ai fini par accepter cette privation. Tout en restant vigilant : s'ils commençent à radiner sur le jambon dans le riz cantonnais, cette fois-ci, je me mets en boule.

Posté par philippe dumez à 00:47 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


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