15 mai 2008
Au pays des amnésiques, les ingrats sont rois

Je dois bien le croiser une fois par semaine en allant prendre le métro et je me demande à chaque fois d'où je le connais. Son visage m'est familier, sans que je parvienne à en savoir plus. Est-ce que je le salue d'habitude ? Est-ce que je lui adresse la parole ? Ma mémoire refuse de me délivrer des informations supplémentaires. Accès verrouillé. J'ai l'impression d'être coincé dans un jeu vidéo et de ne pas pouvoir passer au niveau suivant parce qu'il me manque une clé : le contexte. C'est assez gênant. Peut-être est-ce un commerçant chez lequel je ne mets jamais les pieds ? N'empêche que ça me fait bien gamberger dix minutes à chaque fois. Dix minutes pendant lesquelles je passe en revue mon trombinoscope mental pour le refermer bredouille. Et puis ce matin, ça m'est revenu. Brutalement. Comme un éclair. Et j'ai été pétrifié par ma propre ingratitude. Cet homme, c'est un des coiffeurs chez lesquels je débarque à l'improviste quand l'envie me prend de me faire déboiser le caillou pour une poignée d'euros. M'étonnerait pas que la prochaine fois, il ne me fasse pas la boule à zéro en guise de représailles : manque de civilités sur la voie publique. A moins qu'il m'ait aussi déjà oublié...
Commentaires
Même expérience avec une coiffeuse qui attendait comme moi devant le panneau d'affichage des trains à la gare de Lyon.
J'en déduis que les coiffeurs sont des gens qu'on a du mal à imaginer exister ailleurs que dans le reflet de la glace du salon de coiffure...
Il ne s'appelle pas "Coolclick" ton coiffeur ? ;-)
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