i wanna be your blog

Le blog vieille école de Philippe Dumez

13 mai 2008

Le sacre de Bejar

Le mois dernier, eMusic proposait à ses adhérents de poser leurs questions à Dan Bejar à l’occasion de la sortie du nouvel album de Destroyer. Et même si le goût de l’interview m’est totalement passé aujourd’hui (sans doute parce que j’en ai fait de manière trop systématique à une époque), ce n’était pas les idées qui me manquaient le concernant. Comment vit-il le fait d’être adulé de la blogosphère et d’être totalement inconnu au dehors ? A t-il bénéficié de la reconnaissance qu’a acquis son autre groupe, The New Pornographers, depuis deux albums ? Et pourquoi n’était-il pas sur la tournée européenne l’an dernier ? « Entering White Cecilia » était-il dédié à Cécilia Sarkozy ? Et pourquoi tout d’abord un nom aussi inadapté à un univers aussi rétro que poétique ?

destroyer

J’avais découvert Destroyer à l’occasion d’un de ces trocs Disco-Babel qui n’ont duré qu’une saison, chacun ramenant ses merdes et repartant avec les bons disques des autres. Je n’avais aucune idée de ce à quoi la musique ressemblait, j’avais juste remarqué que Streethawk : A Seduction avait été édité par Talitres et ça m'avait suffit. Au même titre que Kevin Barnes ou Wayne Coyne, Dan Bejar fait partie de cette génération d’artistes qui ne s’est jamais vraiment remise de Hunky Dorry et qui en assume pleinement l'héritage. A l’image de Of Montreal ou des Flaming Lips, Destroyer a déjà une discographie importante et une excellente réputation critique qui ne demandent qu'à l’amener à franchir l'échelon supérieur. « Trouble in Dreams » sera-t-il son « Hissing Fauna, Are You The Destoyer » ?

Dan Bejar semble ne jamais avoir autant mobilisé de moyens pour y parvenir. C’est certainement un de ses albums les plus accessibles et les plus orchestrés (du mellotron un peu partout), traversés de chansons magnifiques, les plus belles guitares depuis la séparation de Luna, et un sommet : les 8 minutes de « Shooting Rockets (From The Desk of Night‘s Ape)», son « Epitaph » à lui (Robert Fripp, sors de ce corps !). Autant les précédents Destroyer pouvaient pécher en longueur, autant Trouble in Dreams brille par sa cohésion et son inspiration, sans pour autant que la patte de l'auteur ne soit dénaturée. Débit théatral, jeu éméché : l'interprète en fait toujours des tonnes. Mais pas tout le temps : il sait aussi se contenir dès qu'une très grande chanson se profile. "It Was a Very Good Year" chante t-il sur "My Favorite Year", un autre des sommets de l'album.  2008 ne devrait pas trop mal se profiler pour lui : si c'est encore un peu tôt pour parler de classique, il ne s'en est en tout cas jamais autant approché.

Posté par philippe dumez à 00:19 - disque - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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