03 avril 2008

Le prince Arman

La première fois que j'ai vu Arman Méliès, je ne savais pas que c'était lui. Il était déjà monté sur scène quand j'ai pénétré dans la salle, et je l'observais bâtir des cathédrales sonores avec sa seule guitare et des pédales d'effet  Ce n'était pas le premier musicien à se sampler en direct, mais l'enchantement obtenu, qui m'évoquait autant la mélancolie des Red House Painters que les fresques en cinémascope du label Constellation, était par contre inédit. Au début du morceau suivant, j'ai découvert qu'il chantait, en français, avec un phrasé qui n'était pas sans rappeler Gérard Manset, et j'étais le premier surpris de retrouver autant d'éléments qui me touchent réunis, alors que leur association pouvait à priori sembler périlleuse. Dominique A. avait évidemment ouvert la brêche quelques années plus tôt : mais jusqu'à présent, aucun disciple ne lui était arrivé à la cheville. C'est justement au moment où je commençais à décrocher des disques de Dominique que j'ai découvert ceux d'Arman. Je ne les ai pas considérés comme un palliatif, mais au contraire comme une alternative, un moyen d'aller plus loin. Ou une manière de patienter entre deux concerts : c'est en effet sur scène, seul ou en solo, qu'il m'impressionne le plus. Difficile de deviner que derrière ce jeune homme discret et appliqué se cache un véritable créateur d'univers.

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Surtout que son troisième album, qui sort à la fin du mois, est certainement son meilleur. C'est paradoxalement le plus direct et le plus ambitieux. Pour la première fois, il s'autorise une reprise. Mais s'il s'approprie "Amoureux Solitaires" (déjà dépoussiérée en son temps par Peter Parker Experience), c'est pour en recréer totalement l'arrangement. J'avais eu la chance d'en avoir la primeur lors d'un concert en banlieue parisienne l'an dernier, mais je ne me doutais pas qu'il réitérerait l'expérience sur disque. Si Casino ne manque pas de temps forts, ce sont cependant vers ses extremités que je reviens sans arrêt : l'imparable trilogie par laquelle il débute, et les deux dernières plages. "Papier Carbone", pour son évidence : c'est peut-être son premier tube, avec un petit passage à la Arcade Fire vers la fin. Et les dix minutes de "Diva", qui est sans doute mon morceau préféré de l'album, voire mon morceau préféré d'Arman Méliès tout court. Parce qu'il synthétise tout ce que j'aime chez lui, et que sa longue progression instrumentale (avec un passage synthétique sublime) me renvoie immanquablement au premier concert que j'ai vu, à la surprise et à l'impression de voir de dessiner devant vous quelque chose qui va vous dépasser. Aujourd'hui Arman Méliès s'est dépassé lui-même, et il me laisse loin derrière lui, un peu béat, un peu sonné, et encore plus fan que je ne l'ai jamais été. Je risque de passer beaucoup de journées dans ce Casino-là. Et des nuits aussi, à écouter "Diva" en boucle.

PS : photo Mathieu Zazzo

PS 2 : J'ai pratiquement oublié l'essentiel concernant Phosphorescent : il joue à Mains d'Oeuvres le dimanche 13 avril. 

Posté par philippe dumez à 20:16 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Le prince Arman

    C'est "Arman" sans d, du nom de l'artiste peintre sculpteur.
    A part ça je suis d'accord avec toi: Méliès, cv'est magique !

    Posté par barbot, 04 avril 2008 à 11:43 | | Répondre
  • Oooolllllaaaaa !! Merci pour lui !! des bises ! Stefanie

    Posté par stefanie, 06 avril 2008 à 16:07 | | Répondre
  • Oooolllllaaaaa !! Merci pour lui !! des bises ! Stefanie

    Posté par stefanie, 06 avril 2008 à 16:07 | | Répondre
  • Oooolllllaaaaa !! Merci pour lui !! des bises ! Stefanie

    Posté par stefanie, 06 avril 2008 à 16:08 | | Répondre
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