03 février 2008

Mes nuits sur TFI sont plus belles que vos jours

andr_Ni son casting solide (Depardieu, Dussolier, Canet...), ni le fait qu'il soit sorti récemment ne lui ont permis d'échapper à son destin : être programmé en troisième partie de soirée, dimanche dernier à... 01h40 du matin ! Je pense que je l'aurai probablement raté si je n'avais pas consulté par hasard les toutes petites lignes annonçant sa diffusion de manière éliptique : Vidocq, la dernière aventure, policier de Pitof (Fr, 2001), 30mn, 86008867. Pourtant, cela faisait un moment que je le guettais. Je ne sais pas trop ce qui m'attire dans les films ratés (attention : pas nuls, ratés). Le fait de les reconstruire mentalement tout en les découvrant ? La sympathique que je peux éprouver pour les acteurs pris en otage ? Une fascination refoulée pour l'échec ? L'espoir d'en sauver une idée géniale mais mal exploitée (un ami soutient que les disques ratés sont les plus audacieux) ?

Senor Tuco m'avait vanté les mérités de Vidocq alors même que je pensais avoir touché le fond avec Arsène Lupin (la version avec Romain Duris, faites-moi penser à vous en parler un jour), et je dois dire que je n'ai pas été déçu. Car Vidocq a tout pour plaire au pervers polymorphe que je suis : une histoire abracadabrante ("Je connais désormais le secret du monstre. Son miroir est vivant. Le masque n'est qu'un capteur d'énergie, une pompe en quelque sorte. L'alchimiste vole les âmes de ses victimes  au moment précis où il les tue. Il les emprisonne grâce à son masque et s'en nourrit pour ne jamais vieillir. L'alchimiste n'utilise le sang des vierges que pour fabriquer le fer de son masque..."), mise en scène hystérique, effets spéciaux invraisemblables (le plus impressionant étant de voir Depardieu se battre comme dans Buffy...), image tellement saturée de retouches par ordinateur qu'on finit par se croire dans un jeu vidéo, moyens démesurément ambitieux... Que vient donc faire le pauvre André Dussolier (flanqué d'un crâne d'oeuf auquel on ne croit pas deux secondes) dans un fiasco pareil ? Vidocq, c'est le cinéma français complexé qui veut se faire plus gros que Lucasfilm et Ubisoft réunis. Tout est énorme, jusqu'au duel final entre celui-qu'on-croyait-mort et celui-qu'on-ne-croyait-pas-coupable, sans oublier l'ultime rebondissement avant le début du générique. J'ai dû faire une pause au milieu tellement le trip était intense, à deux doigts de Blueberry, l'expérience secrète. Vraiment, Mister Tuco avait raison. C'est encore mieux que Arsène Lupin. Mais ça ne vaut pas un bon Steak, quand même.

Posté par philippe dumez à 14:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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