07 septembre 2007

N'écoute pas les idoles

poignee_20de_20mainsL'an dernier, j'avais déjà eu l'occasion de lui serrer la main lors d'une de ses rares apparitions publiques. Je lui avais même été présenté, mais j'étais tellement impressionné que je n'avais pas pu articuler un mot, même s'ils se bousculaient à l'intérieur de ma gorge. Je ne pensais pas que nous aurions l'occasion de nous recroiser. Et comme Baptiste a décidé d'aller l'aborder, je tente de m'incruster dans la conversation. Pourtant je sais qu'il n'y a rien à attendre de ses idoles. Je me souviens encore de cette veste que je me suis pris avec Alex Chilton il y a quelques années : il ne dissimulait même pas son ennui quand je lui avouais, avec des trémolos de la voix, les frissons qui m'envahissent chaque fois que j'écoute "Holocaust". Ce qui n'est visiblement pas à même de me décourager : j'ai toujours besoin d'aller au bout de mes erreurs.

Alors j'attends qu'il ait fini de parler pour sauter du coq à l'âne et évoquer son album blanc, que je range au même niveau que celui des Beatles. Il ne voit pas trop bien auquel je fais allusion. Pas à celui qui est sorti il y a très longtemps quand même ? Si, celui-là même qui n'a jamais été réédité. Je lui fais grâce de toute l'histoire, depuis la cassette que Jean-Christophe m'avait enregistrée d'après les vinyles de son père il y a une quinzaine d'années jusqu'au vide-grenier à Montreuil sur lequel j'ai fini par mettre la main sur cet incunable contre quelques euros. Contrairement à ce que je redoutais, son visage ne se ferme pas. Il marque un temps, celui de se remémorer sa date de sortie et les circonstances de son enregistrement. Il se souvient qu'il était seul, et c'est ça qui le gêne : il trouve que ça s'entend trop. Il aurait aimé avoir à l'époque un partenaire, quelqu'un pour l'épauler et le guider. En l'entendant parler, je commence à retrouver la voix des disques, et cette impression est délicieuse. La discussion se perd vite comme un feu qui s'étend : bientôt, il nous quitte après nous avoir salué. Je lui dis que je suis très content d'avoir pu lui parler, même si je ne suis pas sûr de savoir ce que ça m'a apporté, si ce n'est satisfaire un rêve de fan. Même si je n'ai jamais écouté son dernier disque. Ça, je me suis bien gardé de lui avouer, par contre.  Courageux, mais pas téméraire.

Posté par philippe dumez à 21:41 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur N'écoute pas les idoles

    je suis content d'avoir pu combler au moins un admirateur ! j'avais payé ce disque assez cher, à l'époque lointaine des conventions de disques, quand ses 1ers albums étaient encore très cotés; il a depuis, peu à peu supplanté tous les autres..dommage que tu n'aies pas pu lui demander pourquoi ce disque est le seul dont aucun des titres n'a jamais été réédité en cd ! mais je comprends très bien le malaise que l'on peut ressentir auprès d'une "idole"...
    bien à toi,
    Jacques.

    Posté par starsailor, 22 août 2008 à 19:25 | | Répondre
  • dans une Ford Falcon

    Comment ?
    Jean-Pierre Mader aurait sorti un album blanc ?
    tu me le copieras, dis ?

    Posté par Ton chevreuil, 08 septembre 2007 à 08:25 | | Répondre
  • Manset...

    ...c'est le George Lucas de la chanson, en quelque sorte.
    Il ne nous abreuve pas d'éditions spéciales définitives, mais remixe, révise, ressort ou ne ressort pas tel ou tel disque. Un vrai bordel pour le fan.

    Posté par JC DERRIEN, 10 septembre 2007 à 10:50 | | Répondre
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