09 août 2007

La grande vadrouille (5)

grasLe soleil n'a absolument aucun effet sur ma sociabilité : même en bermuda, je demeure incapable d'adresser la parole à un inconnu sans raison. Surtout si c'est pour lui raconter, au bout de quelques minutes, que j'ai très bien connu le fromager de la place Monge, et qu'il me garnissait un grand Tupperware avec lequel je me régalais quand je partais en picnic avec des amis. Lui qui déjeune à la table d'à côté, pourtant, ça ne lui pose aucun problème. Il me précise même qu'à l'époque, il en avait pour à peu près 200 francs et que ça va faire un moment qu'il n'est pas retourné à Paris.  Il faut dire qu'il a pris goût à la région. Et il en profite pour tenter de m'assommer avec l'argument massue de tous ceux qui ont quitté la capitale : ici, la qualité de vie n'est pas la même. Putain, celle-là, dès que je passe le périphérique, j'y ai droit.

Je n'aime pas les présupposés que sous-entend cette réflexion : qu'à Paris, on vivrait mal ? Moins bien ? C'est presque offensant. Je respecte le choix de ceux qui ont décidé d'aller voir ailleurs si la Seine est plus propre. Moi, j'ai fait celui d'aller voir tous mes groupes favoris en concert, d'emmener les zouzous se défouler dans trois parc différents à moins de 5 minutes de la maison, de descendre acheter une baguette aux céréales à 21h00 si ça me chante, de faire du vélo dans les couloirs de bus, de manger japonais le midi, de rester près de mes amis, de vivre sans voiture, sans jardin et sans complexes. Ma qualité de vie, elle se porte très bien, merci pour elle. Et je peux même te dire qu'après avoir passé 1h30 dans le car pour faire 30 kilomètres, je le regrette mon métropolitain. Surtout si en plus c'est pour qu'on vienne me prendre la tête pendant que je déguste une assiette de tapas.

Je ne lui ai rien dit de tout ça. J'ai terminé mon déjeuner, j'ai réglé à l'intérieur et nous sommes partis voir ce librairie d'occasion qui était fermé tout à l'heure. En me souhaitant une bonne fin de séjour,  l'ami m'a juste demandé, si j'avais l'occasion de passer place Monge, de donner le bonjour au fromager de la part de Jean-Paul, même si ça doit faire au moins 15 ans qu'il ne l'a pas vu. Évidemment, je n'y manquerai pas. Il ne veut pas que je lui ramène son Tupperware aussi pendant qu'il y est ?

Posté par philippe dumez à 01:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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