07 août 2007

La grande vadrouille (4)

h_telCet été ne déroge pas à la règle : des décisions scandaleuses sont prises pendant que les français sont trop occupés à regarder L’ Île de la tentation. A commencer par la programmation en troisième partie de soirée (assortie d’une interdiction aux moins de 10 ans, mais il y en a beaucoup debout, à 23h50, des moins de 10 ans ?) d’un de mes films de vacances favoris : Hôtel de la plage. Je ne sais pas combien de fois j’ai dû le voir, mais c’est que c’est encore meilleur à chaque fois, sans doute parce que je finis par connaître par cœur les répliques du tandem explosif formé par Daniel Ceccaldi et Guy Marchand (« C’est ça les belges, que tu le veuilles ou non, c’est quand même pas la même race », « Alors les petits poules de grain, vous avez vu les coqs ? », …) et certainement parce que j’ai longtemps été amoureux de Sophie Barjac, sublime dans son maillot de bain deux pièces lamé or.

Comme Un moment d’égarement, Hôtel de la plage est un faux film de beauf : derrière la parade des coqs se dessine le portrait en espadrilles de la génération de l'après-68 : celle qui s’habille en New Man et lit Gotlib, s’éveille au disco et  circule à Vespa. C’est la fin de l’innocence , mais pas encore le début de l‘indépendance : elle part encore en vacances avec les parents. En pension complète, à Locquirec, dans le Finistère. C’est la même que Goudart, le héros de Gibrat et Berroyer, qui finit par « conclure » avec Cécile un soir sur le sable. Hôtel de la plage, c’est aussi une comédie bien de son temps : celle du féminisme en marche. Car l'hôtel de la tentation réussit bien mieux aux femmes qu'à leurs couillons de maris, qui se vantent pourtant d'être "pas chômeurs question bonfemmes".

Réalisé par Michel Lang, auquel on doit aussi l‘inoubliable A Nous les petites anglaises , mise en musique par Mort Schuman (qui fournit tous les titres de la bande originale, de la ballade country « Summertime Baby » au disco « Baby Don’t Keep Me Waiting » en passant par le très funky « I Got The Feeling »...), Hôtel de la plage sythétise à merveille les vacances, avec ce qu’il faut d'insouciance, de promiscuité et d'éphémère.« Ma mémoire est incertaine, mais mon coeur lui n'oublie pas » chante Mort Shuman: sur la même longueur d'ondes que « That Summer Feeling Is Gonna Haunt You One Day In Your Life », d'un certain Jonathan Richman.

Posté par philippe dumez à 22:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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