20 juillet 2007

Mon été chez Ahmed

mahmoudahmedPourtant je ne manquais pas de raisons de rentrer directement, à commencer par la saison  1 de Veronica Mars qui s'impatientait dans mon sac, juste à côté de mes affaires de piscine à étendre sur le séchoir de la salle de bain. Mais c'est aussi la dernière date de sa tournée des parcs parisiens, commencée dimanche dernier dans le 18ème. Ce soir, à l'heure de l'apéritif, il se produit au Jardin d'Eole,  du côté de Stalingrad. Il n' y a pas à proprement parler de scène : le groupe et son matériel sont juste entourés d'un cordon de sécurité (aux couleurs de l'opération "Paris Quartier d'été") derrière lequel circulent bobos et badaux. Jean-François Pauvros prend des photos. Arthur H. n'en manque pas une miette. Delphine, que j'ai croisée à la sortie du métro, l'a déja vu dimanche : elle est revenue sans hésiter. Il y a aussi cette brune aux cheveux courts que j'ai eu l'occasion de croiser dans le métro et qui ne sait sans doute pas qu'elle est le sosie de Sophiel'héroïne des plus beaux albums de Munoz et Sampayo (et sur lesquels je soupçonnerai bien Blutch d'avoir louché avant de donner naissance à Mademoiselle Sunnymoon, mais je m'égare...).

Ce soir, nous sommes tous de sortie pour fêter le lion d'Addis Abeba en personne : Mahmoud Ahmed. La première chose qui frappe quand on le découvre dans sa tunique blanche ceinte d'une écharpe rouge, c'est sa noblesse. Il est beau comme un astre, fait des grands mouvements avec ses bras et parfois même d'irrésistibles petits pas de danse. Le matin-même, je révisais encore le seul disque de lui que je connaisse (le volume 6 de la collection Ethiopiques, qui réedite un enregistrement paru en 1973) et résistais à la tentation d'aller découvrir des images de lui plus récentes sur Youtube. J'avais trop peur d'être déçu. Pourtant impossible de l'être : il a conservé le même groove lent et hypnotique, à mi-chemin entre la chaleur de Stax et la transe de l'afro-beat, et son chant incantatoire est toujours aussi envoutant. Les chansons de Mahmoud Ahmed ont un pouvoir magique : quand bien même leur format défie les lois occidentales, elle ne durent jamais assez longtemps. Elles ont ont aussi celui de mettre les femmes en transe pendant que les garçons, ces grands couillons, ne trouvent rien de mieux à faire que de lui tirer le portrait sous tous les angles, en numérique comme en analogique.

Je ne peux pas m'empêcher de penser au concert d'Al Green auquel j'étais il y a quelques jours : même si Mahmoud ne descend pas distribuer des roses dans le public, il sait aussi faire monter la température autour de lui. Et assure d'une manière exemplaire la soixante passée. Impossible de rester les mains dans les poches à l'écouter : je me surprend même à effectuer des bonds de cabri à son invitation, juste pour le plaisir de partager ces instants avec lui. Il se retire au bout d'une heure de concert, mais la foule n'a pas décidé d'en rester là. Il revient avec ses musiciens, et ça commence à devenir un peu n'importe quoi : une spectatrice franchit le cordon de sécurité pour se faire prendre en photo à côté de lui - alors qu'il est en train de chanter ! -, puis la copine qui a appuyé sur le déclencheur fait pareil, et c'est bientôt le défilé. Il faut dire qu'on a tous du mal à y croire : assister gratuitement, dans un jardin public, en plein soleil, au récital d'une légende vivante, et être tellement près de lui qu'on pourraît le toucher ! Il fait ses adieux après trois morceaux supplémentaires, ovationné à la hauteur de son immense talent. Du coup, je me sens un peu crétin de ne pas être allé l'applaudir comme Delphine sur ses dates précédentes : du Ahmed, j'en aurai bien repris tout l'été.

Posté par philippe dumez à 23:41 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Mon été chez Ahmed

    YEAAHHH !

    Ouaip, je l'ai vu 2 fois.

    J'étais au même concert et je l'ai vu 2 jours avant sous la pluie, et malgré ce temps pourri il a mis le feu au dance floor. Tout le monde avaient des sacs poubelles sur la tête distribué par l'organisation de "paris quartier d'été".

    Grande voix et grand showman.

    Posté par yassine, 22 juillet 2007 à 19:53 | | Répondre
  • Yeaaaahhh aussi !

    Le dimanche, Square de la Butte du Chapeau Rouge (19e), Mahmoud portait une écharpe verte. Voilà, c'était juste pour préciser.

    Posté par ronchon, 23 juillet 2007 à 08:34 | | Répondre
  • argh j'y étais pas, mais le dimanche 8 au même endroit il y avait Konono n°1 qui faisait danser tout le monde malgré la pluie qui essayait de mouiller les vinyles que je venais d'acheter au vide grenier de l'année.

    Posté par sebastien, 23 juillet 2007 à 17:48 | | Répondre
  • va regarder veronica mars, ta vie ne sera plus jamais la même

    Posté par julie S., 23 juillet 2007 à 20:09 | | Répondre
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