24 juin 2007

Comment j’ai failli rater l’avion

a1b0_1A deux fois dix-huit ans passés, je suis toujours incapable de prendre des décisions raisonnées spontanément. Je tourne autour du pot, j’hésite, je reporte, je regrette et je me dépêche avant qu’il ne soit trop tard. Pas plus tard que ce matin, sur le vide-grenier rue Didot : tout un aéroport Playmobil. L’avion, le chariot de bagages, la douane, la tour de contrôle, l’enregistrement… Tout ça à moins d’une semaine de l’anniversaire de la Grande Zouzou. Je passe une première fois devant sans demander le prix. J’y reviens quand j’ai fini de ratisser les autres stands (avec déjà trois groméchants pour le Grand Bonhomme au fond du DJ bag) et j’entends le petit vendeur fixer la voiture Playmobil à 10 euros. Je pose la question au sujet du jet, c’est 12 euros non négociable (la mère est évidemment intervenue entre temps : il y a les deux pilotes aux commandes alors c’est 12, gnagnagna…). Je laisse passer l’avion et décide d’aller tenter ma chance sur une autre brocante à quelques stations de bus de là. En chemin, je commence à regretter. J’aurai dû faire une offre globale pour l’aéroport complet. 25 le tout, et je serai monté jusqu’à 30 pour l’emporter. C’est cher pour du vide-grenier, mais c’est bien le prix que j’ai payé pour aller voir Modest Mouse mercredi soir. On joue bien au moins une heure vingt avec un aéroport, non ?

Évidemment, je ne pense plus qu’à ça sur l’autre déballage. Je jette bien un œil aux livres et aux jouets, mais distraitement. Je n’ai qu’une seule envie : foncer acheter l’aéroport. J’ai juste les 30 euros dans mon portefeuille. J’appelle Moutarde pour lui dire de déjeuner sans moi parce que j’ai un avion qui m’attend. Je choppe le bus avant que les portes ne se referment (c’est bon signe, ça) et je déboule juste à temps... pour voir quelqu’un acheter l’aéroport complet devant moi. L’affaire est déjà dans (son) sac : il ne reste plus que l’avion et le chariot de bagages. Non, que l’avion : le chariot vient de me passer sous le nez lui aussi, contre 3 euros. Mon rival sourit : il m’explique qu’il vient d’emporter le lot contre 20 euros, mais que des avions, il en a déjà deux, d’ailleurs on peut détacher les ailes pour le transporter.

Je l’achète avant qu’il ne s’envole à son tour. Je le tiens contre moi en remontant la rue d’Alésia. Je vois les passants me porter un regard intrigué . Alors que je suis en train de récupérer une des tasses Playmobil qui est tombé dans le cockpit, quelqu’un dans le métro me demande si je suis maquettiste. A ce stade je ne sais plus trop pourquoi j’ai pris l’avion : pour l’anniversaire de la Zouzou ? Pour me consoler de n’avoir pas eu l’aéroport ? Par désespoir de cause ? Par jalousie ? Tout en redescendant petit à petit sur terre, j’ai le tube des Motors qui me revient aux oreilles : "Airport, you've got a smiling face / You took my lady to another place / Fly her away - fly her away".

Posté par philippe dumez à 13:26 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Comment j’ai failli rater l’avion

    excellent !

    chapeau bas, commandant dumez !

    Posté par toniduran, 24 juin 2007 à 13:53 | | Répondre
  • le monde est p'tit

    tiens toniduran qu'est dans le coin et y a encore 1 mois la rue alesia c'etait chez moi, décidement le monde est petit

    Posté par snug, 24 juin 2007 à 23:30 | | Répondre
  • je suis une grande nullasse en matière de décisions rapides... mais ce w-e, je n'ai pas hésité : 60 euros pour la salle à manger bleu et la chambre orange de Barbie, en boîte, complètes, pur produit des seventies !

    Posté par blythou, 25 juin 2007 à 14:21 | | Répondre
  • la première fois que je suis sorti avec mon amie, c'était pour une brocante. ça rigolait pas il fallait assurer... et là la guigne : sur un stand, un beau Big Jim de chez Mattel, Big Jack, l'afro américain, qu'on ne croise pas souvent sur les Puces. Que faire? passer pour un adulte infantile, laisser passer l'occasion... argh, je me suis dit si elle m'aime, elle acceptera, évidemment, plein de mauvaise foi égoiste. J'ai craqué, puis pour m'achever, le stand suivant présentait un assortiment de vieilles pédales de distorsion...

    Posté par noo, 26 juin 2007 à 12:14 | | Répondre
  • bon trip vieille école, très bon de style ...

    Posté par ronchonette, 26 juin 2007 à 21:52 | | Répondre
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