21 juin 2007

Bravo Johnny

zezeJe me rappelle de la première fois où j'ai failli voir Johnny Marr. Les Smiths étaient déja séparés et il débutait un CDD chez The The, période Mind Bomb. Il avait encore la raie au milieu et les mèches tombantes. Pendant tout le début du concert au Casino de Paris, j'avais essayé de deviner si c'était lui qui assurait également le service après-vente.  Même question lors de la deuxième séance au Zénith quelques mois plus tard, mais pas plus de Johnny : il avait sûrement rendez-vous chez le coiffeur au même moment.

Hier soir, sur la scène d'un Elysée Montmartre à moitié vide (un rideau a pudiquement été tendu au milieu de la salle), le Marr est là où on l'attendait le moins : aux cotés de Modest Mouse, devant la double section rythmique d'une puissance phénoménale, au premier rang. Il joue évidemment "Dashboard" (dont il assure la lead guitar et non pas la seconde comme j'ai pu l'écrire un peu hâtivement) mais également tout le répertoire du groupe  (qui tourne essentiellement autour des deux derniers albums, à quelques exceptions près comme l'attendu "Tiny Cities Made of Ashes"). Il s'y sent tellement bien qu'il assure même les backing vocals et les remerciements en français entre les morceaux. Et le plus étonnant, c'est que ça marche.

Pour avoir vu Modest Mouse à la Guinguette Pirate il y a quelques années, le nez sur un moniteur de télé à tendre l'oreille pour essayer d'entendre quelque chose, les apprécier enfin sur une scène digne de ce nom est un plaisir mérité. L'accueil unanime que leur réservent les nombreux américains présents dans la salle confirme le succès que le groupe d'Isaac Brock connaît dans son pays (We Were Dead Before The Ship Even Sank est rentré directement numéro 1 des ventes) après des années passées dans le maquis, statut auquel les médias français doivent le croire encore confiné si j'en juge par leur manque de réactivité.

Johnny Marr ne s'affiche pas pour autant avec une chemisette à carreaux, des tatouages sur les avant-bras ou un gris-gris ridicule comme celui que Isaac fait toucher aux spectateurs. Malgré une coupe de cheveux encore catastrophique (modèle Clem Burke), il fait dans la sobriété. Ne décroche pas le moindre sourire, tombe la veste au bout de quelques morceaux mais ne se sépare jamais de sa Stratocaster blanche (il quitte la scène avec) dont il joue tout en effectuant un mouvement de balancier avec le corps. Il aura tenu l'imposture tout le concert. Venant de lui, je m'attends désormais à tout. Je ne serai pas surpris de le voir l'an prochain aux cotés des Queens of The Stone Age. Ou de Robbie Williams. 

Posté par philippe dumez à 23:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Bravo Johnny

    The The a été le groupe que j'ai le plus écouté pendant mon adolescence. J'étais au Casino Paris ce ce soir de 1989 où tu étais là aussi. J'avoue que maintenant, je ne réécoute plus ce groupe et que j'ai vaguement honte.

    Posté par pradoc, 22 juin 2007 à 13:36 | | Répondre
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