11 juin 2007

Super souris

modestJe vous ai déjà dit que je crois aux signes ? Non. Alors je vous le dis : je crois aux signes. Une copine m’avait offert le dernier album de Modest Mouse et j’avais eu le malheur de le laisser traîner sur mon bureau. Ce qui devait arriver arriva : il disparu sans laisser de trace et je devais tirer deux enseignements de cette histoire : 1/quelqu’un d’autre connaît Modest Mouse dans l’entreprise qui m’emploie et 2/ je ne devais pas écouter ce disque. Je n’en prenais pas ombrage puisqu’il devait en être ainsi et je classais l’ affaire parmi les groupes que j’ai perdu de vue, entre Mouse on Mars et The Mountain Goats.

Jusqu’à ce que je tombe récemment sur "Dashboard", un extrait du nouvel album. J’avais du mal à en croire mes oreilles : une guitare presque funky, des trompettes… la souris avait visiblement décidé de se faire aussi grosse que l’Elephant. Mais ma déception fut de courte durée : grâce au mode "lecture aléatoire" d'Itunes, je suis retombé sur "Dashboard" sans m’y attendre, et j’ai adoré. Du coup, j’ai poussé la curiosité jusqu’à écouter l’intégralité du disque, et j’ai pris ma claque. La même que lorsque j’ai découvert « The Moon and Antartica », leur cru 1999.

"Dashboard" est loin de refléter le reste de l’album, qui correspond beaucoup plus au souvenir que je m’étais fait du groupe : tendu et ambitieux, ne reniant pas l’héritage du Crazy Horse mais l’inscrivant au contraire dans un contexte actuel, avec un phrasé plus agressif. Les 14 morceaux qui composent We Were Dead Before The Ship Even Sank sont autant de démonstration de la vitalité de Modest Mouse : onze ans après la sortie de This Is A Long Drive For Someone With Nothing To Think About, la bande à Isaac Brock n’a pas baissé la garde, pas mis d’eau dans son vin. Tout juste un "Dashbord" pour plaire aux radios (Johnny Marr à la deuxième guitare, excusez du peu) et le reste droit dans le mille, avec d’incroyables moments de bravoure comme les 8’29 tout en dents de scie de « Spitting Venom », ou le final pied au plancher que constitue « Invisible » (le plus inattendu n’est pas que cet excellent morceau soit relégué en toute fin d’album, mais que ce qui précède n’est pas moins bon). J’avais oublié que j’aimais autant Modest Mouse, j’avais oublié qu’ils étaient aussi bons, je ne m’attendais pas à ce qu’ils puissent encore me plaire autant. Modest Mouse, groupe insubmersible.

Posté par philippe dumez à 20:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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